FONCTIONS SENSORIELLES
par exemple, comme j'en ai vu un cas chez un jeune garçon, des attaques de nerfs, on en vient au contraire plus facilement à bout. Chez ce petit malade, qui ne pouvait plus que rester debout ou couché sur le côté, et qui avait des crises dès qu'il s'asseyait, il suffît de le maintenir assis pendant que sa crise se déroulait pour que, à la suite, tout fût disparu. Chaque fois que la sacrodynie menaça de reparaître, je fîs de même, et en quelques jours la guérison fut obtenue. Il faut agir de la même façon quand la sacrodynie est moins intense; il en résulte un certain état d'énervement , d'agacement, qui n'est qu'une attaque atténuée, et si Ton persiste à maintenir le malade, assis ou couché suivant le cas, jusqu'à ce que cet énervement soit passé, une sensation de brûlure superficielle ou de démangeaison y succède, et au bout de quelques séances on en vient à bout, mais le résultat est loin d'être constant.
Fonctions sensorielles.
Nous avons déjà vu à propos des excitations sensorielles, dans la seconde partie, les principaux moyens employés contre les troubles sensoriels. Nous n'y reviendrons donc que très rapidement.
D'une façon générale, avant d'instituer un traitement quelconque, il est indispensable de s'assurer d'une façon absolue qu'il s'agit bien d'un trouble purement nerveux et fonctionnel. L'existence de troubles de la sensibilité des régions avoisinantes de l'organe considéré sera déjà une présomption que confirmera l'examen de cet organe et de sa fonction par les procédés ordinaires. Lorsque les troubles sensoriels surviennent à titre secondaire au cours d'autres manifestations de grande hystérie, l'embarras n'est pas très grand en général. Il l'est, au contraire, beaucoup plus quand l'accident est primitif, et c'est précisément ce qui arrive souvent pour les troubles sensoriels.
Quand ils sont secondaires, il n'y a pas lieu de s'en préoccuper d'une laçon spéciale dans la majorité des cas. Ils disparaissent avec le traitement général. Il n'en est
SoLLiER. — L'hystérie et son traitement. 17
258 TRAITEMENT SPÉCIAL DE l'hTSTÉRIE
pas de même quand ils soat primitifs» et il faut bien reconnaître qu*alors on n'a pas grande prise sur eux. Us disparaissent d'ailleurs quelquefois aussi brusquement qu'ils sont apparus^ et il ne faut pas trop en faire honneur au traitement, en voyant un effet là où il n'y a qu'une coïncidence. On en a malheureusement souvent la preuve, quand on veut appliquer à la récidive le même procédé que la première fois. Contre la plupart d'entre eux il n'y a donc aucun procédé spécial à indiquer.
Vision,
Nous avons vu plus haut les procédés à employer contre le blépharospasme. Les poussées congestives — pseudo^ conjonctivite — allant quelquefois jusqu'à de petites hémorragies sous-conjonctivaleSy les larmes de sang, sont toujours accompagnées de troubles brusques de la sensibilité périphérique de l'œil. Je les ai vus souvent céder très rapidement à la restauration, dans l'hypnose, de cette sensibilité. Les paralysies et contractures des muscles de Vœil, entraînant le strabisme et la diplopie, sont justiciables de tous les exercices gradués des muscles de l'œil. Il est à remarquer, à cet égard, lorsque le trouble siège d'un seul côté, — comme c'est ordinairement le cas — que, tandis que les. mouvements se font assez bien lorsqu'ils sont conjugués, ils ne sont plus possibles quand on les fait exécuter isolément. Il y a donc lieu de faire faire les exercices alternativement avec les deux yeux, puis avec l'œil malade.
Nous avons signalé déjà les petits procédés à employer dans Vhémiopie, la polyopie, Vamaurose, la dyschroma* topsie et Vachromatopsie. Je n'y reviens pas.
Audition, — Gustation.
Les mêmes remarques s'appliquent aux troubles de l'audition : surdité, hyperacousie , bourdonnements, otorrhagies, et à ceux de la gustation : agustie et pet^ersions du goût. Tous ces troubles ne sont guère que secon* daires et ne méritent pas de traitement général.
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