FONCTIONS SENSORIELLES
Olfaction.
On peut en dire autant de certains troubles comme Vanosmie. Le traitement de Yépistaxis rentre dans celui des hémorragies hystériques en général.
Mais il est trois troubles de l'appareil olfactif qui revêtent un caractère assez particulier pour mériter une mention particulière ; ce sont les éternuements^ les renifle ments et la rhinorrhée, qui prennent souvent une forme paroxystique. Les deux premiers sont dus à une anesthésie incomplète de la muqueuse nasale, d'un degré analogue à celui qui, à la peau, provoque de la déman* geaison (étemuement) ou la sensation d'épaissîssement (reniflement). Dans ce cas^ c'est la gymnastique respiratoire^ mouvements d'inspiration forcés, qui conviennent le mieux pour faire recouvrer la sensibilité nasale. La bouche du sujet doit être fermée, de façon à ce que l'air pénètre uniquement par les fosses nasales. Il est facile de constater qu'il provoque l'excitation de la muqueuse dans le premier cas, et qu'il n'est pas senti dans le second. On peut faire varier la température de l'air inspiré de manière à, augmenter son action. Quand il y a équilibre presque complet entre la température des fosses nasales et l'air inspiré, celui-ci ne produit pour ainsi dire aucun effet sur les extrémités nerveuses, qui ont besoin d'une forte excitation pour la transmettre aux centres récepteurs. J'ai remarqué que, sous ce rapport, l'air froid était beaucoup mieux perçu que l'air chaud.
Quant à la rhinorrhée, elle s'accompagne souvent des deux précédents phénomènes, et paraît due à un trouble vaso-moteur analogue à celui qui cause les sueurs paroxystiques. Primitive, elle a longtemps été traitée par les médicaments ou chirurgicalement. Le Docteur Natier^ a montré qu'elle était redevable au contraire d'un traitement général anti-nerveux, comme manifestation de la neurasthénie. Neurasthénique ou hystérique, la patho-
* Marcel Natier . La rhinori'hée exclusivement symplomatique de neurasthénie. — Son traitement. Paris, 190U
génie est sans doute bien voisine et la nature purenient nerveuse du trouble nous importe seule, en tout cas, au point de vue thérapeutique. Elle me paraît donc, dans rhystérie, justiciable du traitement des accidents précédents, éternuements et reniflements.
Appareil phonateur et respiratoire.
Bégaiement,
Dans tous les cas de bégaiement hystérique que j'ai observés, j'ai toujours rencontré, soit des spasmes de la langue, soit de l'inégalité de sensibilité des deux moitiés de la langue. Dans ce dernier cas, la restauration de la sensibilité faisait disparaître aussitôt le bégaiement. Oq peut faire cette restauration, soit par réveil dans l'hypnose, soit par faradisation de la langue, soit par tiraillements de la langue et exercices gradués pour la mouvoir. Dans le premier cas les tractions sur la langue, rythmées ou non, peuvent suffire, et on les fait suivre des mêmes mouvements gradués avant d'exercer le sujet à la prononciation régulière.
Mutisme, — Aphasie, — Agraphie.
La faradisation du larynx est un excellent procédé contre le mutisme hystérique. L'action morale doit être mise»également à profit pour obtenir d'abord un chuchotement, si faible qu'il soit. On procède alors à la rééducation de la parole articulée, en commençant par quelques syllabes simples^ puis redoublées, puis combinées dans un ordre de plus en plus compliqué. Il y a presque toujours coexistence d'aphonie, et nous avons rapporté, le Docteur Ballet et moi S une observation de mutisme avec agraphie et paralysie faciale systématisée, où la guérison fut obtenue ainsi par des exercices gradués de la parole dans un temps relativement court.
Le point capital dans letraitementdumutismehystérique
* Revue de me'decine,*iS9Z, p. 332.