‹ L'hystérie et son traitementChapitre 55 sur 62 · TOUX — ABOIEMENT · texte numérisé non relu

TOUX — ABOIEMENT

est d*obtenir rémission d'un son, si faible soit-il. Les injonctions énergiques, une émotion quelquefois, suffisent, et dès lors les progrès sont très rapides. Mais la récidive est très fréquente aussi, et la moindre émotion peut la provoquer.

Aphonie.

Le traitement de l'aphonie est presque le même que celui du mutisme. La faradisation du larynx rend souvent de grands services. Si elle ne suffît pas, il faut recourir aux procédés méthodiques de gymnastique respiratoire, car elle est due ordinairement à de la paralysie des cordes vocales anesthésiées.

Toux. — Aboiement.

La toux, et la forme particulière qu'elle revêt quelquefois, l'aboiement, est d'origine assez variable. Elle vient en effet, soit d'une pseudo-hyperesthésie du larynx, comme les éternuements, soit de spasmes de la glotte. Mais le trouble fondamental est toujours, comme partout, un trouble de la sensibilité. Gomme dans le bégaiement, elle provient quelquefois aussi d'une différence dans la sensibilité et la contractilité, par conséquent, des cordes vocales, ainsi que j'ai pu l'observer dans un cas où la malade avait une petite secousse de toux continuelle se répétant jusqu'à 12000 fois dans la journée, sans qu'elle parût d'ailleurs en être fatiguée. Elle guérit par la faradisation, avec interruptions assez lentes, du larynx.

Un petit procédé, qui réussit quelquefois assez bien, et qui convient aussi à l'aphonie, consiste à mettre le cou du sujet en extension forcée et à comprimer légèrement le larynx entre le pouce et l'index. Le malade, gêné pour respirer, fait de violents efforts pour vaincre l'obstacle à l'entrée de l'air, et se met d'abord à tousser d'une façon plus spasmodique, plus précipitée. Mais en maintenant le larynx dans la même position la toux diminue, la respi-* ration devient sifflante et saccadée, puis plus silencieuse, et n'est plus entrecoupée que par des spasmes expiratoires. Le sujet, qui ne sentait pas l'air pénétrer dans sa

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gorge et dans sa poitrine^ le sent maintenant, mais il lai semble que son larynx est un peu bouché^ et il fait instinctivement des efforts de respiration qui rétablissent de plus en plus la sensibilité laryngée.

Dans d*autrescas^ où la toux est un phénomène secondaire^ c'est au traitement général, à la restauration, avec ou sans hypnose, de la sensibilité qu'on doit s'adresser. Dans tous les cas la gymnastique respiratoire est absolument indiquée, en la pratiquant comme nous allons le voir tout à rheure.

Bâillement, — Asthme, — Dyspnée.

Ces trois troubles, qui se manifestent souvent sous une forme paroxystique, tiennent essentiellement à ce que les malades ne sentent plus Pair pénétrer dans leur poitrine. Tantôt il leur suffît d'un effort pour suppléera ce manque apparent de respiration : c'est le bâillement qui se produit alors ; tantôt Tanesthésie des voies respiratoires devient plus intense d'une façon assez brusque^ et alors c'est l'accès d'asthme ; tantôt enfin elle est permanente, et alors c'est la dyspnée. Mais si on examine les voies respiratoires des grandes hystériques, on s'aperçoit qu'il y a toujours une diminution de l'amplitude respiratoire. La courbe peut être presque rectiiigne avec des ascensions très légères, ou bien le tracé montre une ligne saccadée, tant à l'inspiration qu'à l'expiration, ou encore il y a deux ascensions très faibles là où il ne devrait y en avoir qu'une forte qui ne se montre que de loin en loin. Bien souvent d'ailleurs, l'anesthésie des voies respiratoires n'étant pas plus marquée que celle de tout le reste de l'organisme, le sujet n'en éprouve aucun malaise, et il faut la rechercher pour la mettre en évidence.

C'est là une remarque générale, et qui a son importance au point de vue de la recherche de tous les troubles latents de l'hystérie, et par conséquent aussi de la certitude qu'on a qu'ils sont bien guéris, à savoir que ce sont les variations dans l'anesthésie des divers organes qui font apparaître les accidents. Lorsque l'anesthésie envahit tout l'organisme d'une manière égale, le sujet s'engourdit peu à

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