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PATHOGÉNIE

La pathogénie de l’hystéro-traumatisme est encore, à l'heure actuelle, malgré les nombreux travaux auxquels

elle a donné lieu, très complexe et fort mal connue.

Beaucoup de neuropathologistes admettent, depuis les

travaux de Charcot, que l’immense majorité de ces accidents se produit par suite d’un phénomène d’auto-suggestion. Les auteurs allemands, Oppenheim entre autres, se sont ralliés à cette théorie. M. le professeur Grasset (de Montpellier) la repousse cependant encore, en se basant surtout sur la non-identité constante des accidents hystéro-traumatiques avec les troubles développés par la suggestion hystérique.

Un sujet hypnotisé est un sujet dont le cerveau dort en majeure partie ; l’attention, la conscience, la volonté, font défaut; 1l en est de même du jugement. Par contre, les

facultés imaginatives sont portées à leur summum d’ac-

tivité. Le cerveau, chez le suggestionné, privé de la per- ,

ception, ne peut exercer sur les sensations vraies ou

fausses qu’on lui suggère qu’un contrôle imparfait. On dit

au malade que sa jambe ne peut plus se remuer; l’idée

d’impuissance s’installe dans le cerveau et neutralise tout

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ce que l’habitude avait emmagasiné de connaissances acquises relatives à cette jambe.

Il en est de même pour le traumatisé : mais ici c’est le malade lui-même qui s'impose cette idée d’impuissance. Un philosophe l’a dit : « L'idée, c’est le moi s’empéchant lui-mêrme d'exécuter un acte. »

Tous les gens atteints d’un violent traumatisme externe ont un moment la sensation d'absence, de disparition de la portion du corps qui a été le siège du mal. Et, à ce sujet, on cite partout l’histoire de ce meunier qui, recevant du quatrième étage sur son bras droit tendu un sac de farine énorme, ne sentait plus son bras et le cherchait parmi les sacs.

« Le traumatisme atteint donc un cerveau à perception troublée ; ce cerveau spécule sur le traumatisme, cause de l’idée d’impuissance, accepte sans contrôle (s’il s’agi de paralysie) la suggestion de disparition du membre atteint et supprime plus ou moins brusquement toutes les notions qu'il possède relativement à ce membre, »

Dans certains cas d'hystéro-traumatisme, l’agent provocateur agissant par une véritable suggestion traumatique frappe d’inhibition les représentations motrices ou sensitives,.

Mais cette théorie de l’auto- -suggestion, qui peut servir

à expliquer certains accidents nerveux, ne peut s ’appliquer aux faits dont nous nous occupons ici. Il est évident

que, dans les cas d’hystéro-traumatisme interne, nous ne

pouvons invoquer cette pathogénie.

Il faut attribuer le mécanisme de ces accidents à une

perturbation fonctionnelle générale et surtout à une per- Platrier 4

SOEUR turbation du système nerveux. Celui-ci, troublé dans son état statique et dans ses fonctions, pour peu que le malade soit prédisposé par son hérédité, sera frappé facilement

par la névrose.

Si l’on pense à ce qui se passe quand un gravier agit sur une muqueuse aussi sensible que celle de l’uretère ou : celle du canal cholédoque, aux nombreuses irradiations qui accompagnent ce passage et surtout à l’ébranlement, au shock nerveux qu’il provoque, il n’y a pas lieu de s’étonner que ce violent traumatisme produise chez l’ind= vidu des troubles nerveux considérables. L’excitation produite par ce calcul est tellement intense qu’elle peut provoquer par voie réflexe les accidents les plus éloignés. Rien n’est plus démonstratif à cet égard que l’étude des irradiations douloureuses de la colique hépatique ou de la colique néphrétique qui siègent souvent bien loin de la localisation originelle du mal. M. Potain rapporte à ce sujet des faits bien intéressants. 11 raconte l’histoire d’une dame chez laquelle la colique hépatique se traduisait uniquement par une douleur extrêmement vive au niveau de la temp: droite ; cette douleur passait ensuite à gauche et la crise était finie. Le lendemain on trouvait le calcul dans les selles. Chez une autre malade, c'était une douleur vague dans l’épaule avec une céphalalgie intense ; chez une autre encore, c’était une forte névralgie den-

taire qui marquait l’accès de colique.

Dès lors, il est facile de comprendre qu’une excitation aussi forte, capable d'amener ces troubles réflexes, puis-

se mettre l'individu sous le coup du shock nerveux, c’est-

ee à-dire dans cet état de torpeur intellectuelle et d’obnubilation cérébrale si propice à l’éveil de l’hystérie.

IL serait téméraire d'entrer plus avant dans l’étude du mécanisme intime des phénomènes hystériques. Nous ne pouvons raisonner utilement sur les perturbations fonctionnelles d’organes dont nous ne connaissons qu’imparfaitement le jeu normal et physiologique.

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