‹ L'hystérotomie, ou l'amputation du col de la matrice dans les affections cancéreuses. Suivant un nouveau procédé avec la description de l'hystérotome et de plusiers autres instrumens nouveauxChapitre 2 sur 12 · DES '- DIFFÈRE IMS PROCÉDÉS OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

DES '- DIFFÈRE IMS PROCÉDÉS OPÉRATOIRES

C’est M. Osiander , chirurgien allemand , qui a le premier conçu l’idée d’emporter les parties cancéreuses de la matrice. Une tentative aussi hardie couronnée d’un succès complet engagea MM. Dupujtren et Recamier a pratiquer cette opération qui n’a pas été moins heureuse en France qu’en Allemagne.

DE L HYSTÉROTOMIE.

Procédé de M. Osiai\der.

Cet habile praticien, après avoir fait mettre la malade sur le bord de son lit , comme nous l’indiquerons dans notre procédé, porte deux aiguilles courbes garnies de fils doubles sur le col de la matrice qu’il traverse dans deux points opposés de sa circonférence , et qu’il amène au niveau de la vulve en exerçant de petites tractions. Il fait en-

suite 1a. section des parties malades avec un bistouri ordinaire.

Il est inutile de dire combien ce procédé est difficile et douloureux, et combien sont nombreux les inconvéniens qu’il présente.

Procédé de M. Dupuytren.

Nous allons l’indiquer tel que nous l’avons lu , page 597, dans la médecine opératoire de Sabatier. La malade étant placée, comme on le verra dans notre procédé , « le chirur- (( gien introduit dans le vagin le spéculum « qu’il a eu l’attention d’oindre d’huile , et « le donne à maintenir a un aide. Cela fait,

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(c il saisit et attire légèrement à lui , avec la « pince de Muzeux , tenue de la main gaua che , toute la portion du col de l’utérus , « qui est affectée de dégénérescence carcia nomateuse , et il la retranche avec un cou- « teau k deux tranchans, courbé sur son plat, « ou mieux avec de très-longs et très-forts « ciseaux également courbés sur leur plat « et parfaitement tranchans , tenus de la « main droite, et qu’il porte alternativement « en haut , en bas et sur les côtés , en tour- <( nant en dedans leur concavité ? et les fai- « sant agir autant que possible sur les parties « saisies au delà des limites du mal. » Ce procédé qui est plus facile que lé précédent demande , pour être employé avec succès , un chirurgien aussi habile que M. Dupuytren.

Procédé de M. Lisfranc.

Afin de ne rien omettre , et de mieux indiquer avec tous ses détails ce procédé , nous eroyons devoir le rapporter ici , tel qu’il est décrit dans la belle dissertation de M. Avenel , de Rouen , prosecteur des cours de médecine opératoire de M. Lisfranc.

DE L HYSTEROTOMIE, IQ

La femme est couchée comme dans les autres méthodes. « M. Lisfranc emploie un spéculum composé de deux demi-cylindres d’étain sur les extrémités desquels sont soudées deux tiges de fer qui s’articulent entre elles. De cette disposition il résulte qu’en pressant sur l’extrémité libre de ces tiges les deux cylindres s’éloignent l’un de l’autre * leur écartement permet plus facilement au col très-volumineux de s’engager dans leur capacité , et aux instrumens nécessaires a l’opération de passer. En outre , en tendant le vagin dans toute son étendue , il empêche qu’en formant une plicature vers son fond il ne vienne à couvrir plus ou moins le col. Les pinces de Muzeux , dont M. Lisfranc fait usage , sont plus longues et plus fortes que celles dont on se sert ordinairement ; leurs crochets , moins courbés , embrassent trèsbien l’organe sans qu’on soit obligé de pousser très-loin leur écartement; d’ailleurs la longueur contribue encore à écarter la main de l’aide qui les soutient. L’opérateur , après s’être assuré de la position du col pour qu’il soit embrassé plutôt, et plus aisé-

DE L HYSTÉROTOMIE.

ment par le spéculum , introduit cet instrument.

Le museau de tanche est essuyé , s’il en est besoin , afin d’assurer bien sa présence et de voii* s’il n’est pas recouvert par quelque plicature vaginale. L’airigne est portée fermée immédiatement au dessous de l’organe , au moment où ses mors sont suffisamment ' ouverts et engagés entre le col et les parois du spéculum \ pour saisir, s’il est possible, deux points diamétralement opposés du premier ; l’opérateur pousse légèrement sur eux à mesure qu’ils s’implantent dans le tissu même delà matrice.

Cette manœuvre est indispensable pour suivre le mouvement d’ascension de l’organe , mouvement qui exposerait à le saisir trop bas. On extrait le spéculum seul très-aisément, puisque l’airigne peut passer dans l’écartement que les deux demi-cylindres laissent entre eux. Le premier soin doit consister à exercer sur l’utérus des tractions légères, lentes et graduées, à l’aide desquelles on tente de l’amener au dessous de la partie inférieure du vagin , d’abord dans la

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direction de Taxe du détroit supérieur , ensuite de celui du détroit inférieur du bassin; mais j pour que la matrice soit mieux saisie, et que tous les points du pourtour de la partie inférieure de son col fassent a l’extérieur une égale saillie , le chirurgien applique les mors d’une seconde airigne , sur les extrémités du diamètre transversal ou du diamètre antéro-postérieur de l’organe , suivant la direction dans laquelle la première a été appliquée.

Ainsi, quelque tendance qu’éprouve l’utérus pendant la section a reprendre sa place

dans la cavité abdominale , les tissus mainte-

nus en place pourront être coupés , soit à la même hauteur,, soit a. des hauteurs inégales suivant les circonstances pathologiques. Portant ensuite le doigt indicateur sur le pourtour de l’insertion du vagin , insertion facile a reconnaître à la présence d’une espèce d’anneau au dessus duquel la pression fait sentir le vide , le chirurgien confié les pinces a un aide intelligent , qui , par des tractions uniformes, maintient le col susceptible d’un prolapsus plus ou moins grand, suivant

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les sujets. Cet aide est en face du bassin, et l’opérateur , placé comme lui en dedans des cuisses, est, a gauche de la malade, armé d’un bistouri courbe tranchant sur sa concavité , dont la moitié correspondant h l’articulation de la lame avec le manche doit être garnie de linge jusqu’à un pouce et demi environ de son extrémité boutonnée , quelquefois plus , quelquefois moins , suivant le volume du col. L’opérateur commande à l’aide de relever les airignes pour imprimer à la partie inférieure de la matrice un mouvement de bascule qui fasse saillir davantage la partie postérieure de son col,* ainsi, on verra mieux les limites de la maladie qui y siège , et l’on pourra couper plus haut. Le chirurgien glisse ensuite son doigt indicateur gauche à demi fléchi derrière le museau de tanche , mesure avec ce doigt , dont la face palmaire est dirigée en bas , la hauteur à laquelle la section doit être faite; le bistouri 6st placé immédiatement au dessous de lui , et au fur et à mesure que l’instrument marche , il le dirige et lui sert de point d’appui , tandis que l’aide abaisse graduelle-

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ment les airignes pour laire saillir a leur tour successivement les autres points du col de la matrice, suivant que le chirurgien doit couper à des hauteurs différentes. Il est bien entendu que, la maladie pouvant s’élever plus d’un côté que de l’autre , cet aide sera chargé , pour que le mal soit complètement enlevé, de donner, par les mouvemens qu’il imprimera aux pinces, des inclinaisons convenables à l’extrémité inférieure de la matrice, et surtout de ne point exercer de tractions trop fortes à mesure que la section s’achève , dans la crainte de déchirer les tissus. Ce bistouri, d’ailleurs, doit marcher en sciant et à petits coups pour éviter la lésion des grandes lèvres , l’inégalité de la plaie et les écarts dangereux. Ce temps de l’opération est assez difficile h cause de la résistance qu’offre dans l’état naturel le tissu du col de l’utérus.

Il est des cal dans lesquels le col est trop volumineux pour pouvoir s’engager dans le spéculum , alors on est obligé de faire abstraction de cet instrument et de conduire sur le doigt indicateur des airignes qu’on va fixer sur le museau de tanche. ».

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Ce procédé qui , pour être employé , demande beaucoup d’exercice et d’adresse , serait plus facile , si , au lieu de deux pinces de Musseux, on se servait, pour tirer la matrice au niveau de la vulve, d’un instrument appelé utéroceps que j’ai imaginé pour saisir plus facilement le col. Cet instrument, qui est une quadruple airigne qui se meut par une tige qui en fait rapprocher ou écarter les branches , laisse mieux voir dans l’intérieur du vagin, parce que son manche est vis-a-vis le pubis ou le périnée ; il offre aussi l’avantage de ne pas avoir besoin d’aides pour faire l’opération. Y oyez planche 2e, fîg. ii. Le procédé de M. Lisjranc est du reste le plus facile et le plus avantageux de ceux que j’ai indiqués; mais, comme toutes les opérations de ce genre , il a des inconvéniens que je signalerai plus tard.

Procédé de M. Hatin.

M. Hatin est le premier qui ait imaginé un instrument appelé utérotome pour pratiquer l’opération du col dans le vagin. Je si-

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gnalerai les inconvéniens , à la vérité peu nombreux, qu’offre son procédé. L’opération est divisée en deux temps ; dans le premier, on introduit un spéculum à trois branches que l’on peut dilater à volonté par une vis de rappel. Ce spéculum , qui serait un des meilleur^, s’il ne se dilatait pas dans toute sa longueur, découvre le col de la matrice qui se trouve isolée des parties voisines, et qui permet qu’on introduise dans sa cavité un instrument qui sert à maintenir le col et le corps. Cet instrument est composé de trois tiges qui s’écartent en divergeant dans l’utérus, de manière à fixer et a tendre cet organe. On introduit ensuite Y utérotome qui se compose de deux branches séparées qui se réunissent par une articulation semblable a celle du forceps , au milieu de laquelle est une ouverture pour laisser passer la tige dont l’extrémité est dans la cavité de la matrice. Ces deux branches, qu’on introduit l’une après l’autre et qu’on, articule dans le spéculum, portent, a leur extrémité utérine, deux lames en forme de croissans tranchans dont le rapprochement opère la section du

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col. Ce procédé, qui est du reste fort ingénieux, a l’inconvénient, i° de demander beaucoup d’adresse de la part de l’opérateur; 20 il est quelquefois difficile d’articuler les branches de l’utérotome dans le spéculum ; 5° l’instrument dont on se sert est extrêmement compliqué ; 4° il peut se f^ire qu’il soit impossible d’introduire dans l’utérus l’instrument qui doit le fixer, parce que souvent son orifice est bouché , surtout lorsque le col est dur et squirrheux. «• Quibus os (( uteri durum est , lus necesse est os uteri « clausum esse » , dit Hippocrate , dans l’aphorisme LIY, sect. 5. D’ailleurs il peut résulter des accidens fâcheux de l’introduction forcée d’un corps étranger dans la matrice , surtout lorsqu’elle est déjà malade et enflammée.

Il me reste à présent à parler du procédé que je propose , et à faire la description de l’instrument que j’ai imaginé pour pratiquer V hystérotomie dans le vagin.

DE l’hYSTÉROTOMIE.

DESCRIPTION DE L’HYSTÉROTOME.

Le grand nombre d’amputations du col de la matrice , que j’ai vu faire , surtout par M. Lisfranc, m’a prouvé qu’il n’y avait que f les tractions exercées sur cet organe qui fussent douloureuses , et que la section du col ne faisait presque pas souffrir les malades ( i ) .

Cette opération , qui paraît si simple et si facile , lorsqu’elle est pratiquée par l’habile chirurgien que je viens de citer, offre , surtout par les autres procédés , pour des mains moins exercées , de grandes difficultés a surmonter.

Je me suis convaincu plusieurs fois de cette vérité, lorsque j’ai vu pratiquer Vhystérotomie par d’autres chirurgiens ; constamment l’opération a été douloureuse , longue et souvent imparfaite.

Ces motifs , la difficulté qu’on éprouve

(i) J’ai vu M. Lisfranc demander à une malade pendant qu’il faisait la section du col , si elle sentait couper , la malade, lu répondit : Pas encore 7 vous navez pas commencé.

DE L HYSTÉBOTOMIE.

souvent pour tirer la matrice au niveau de la vulve, le prolapsus quelquefois considérable qui en résulte et qui retarde la cicatrisation de la plaie par des froissemens répétés , l’impossibilité qu’il y a d’opérer par ce procédé , s’il y a ramollissement du col alors trop friable, l’inconvénient d’exercer des tractions sur un organe malade et déjaenflam mé , et enfin le danger qu’il y a de léser le vagin , si, d’après d’autres méthodes, on opère dans cette cavité , m’ont suggéré l’idée d’un instrument appelé hjstérotome qui exige peu d’adresse, et qui agissant dans le vagin protégé par le spéculum , sans exercer de traction , saisit et coupe circulairement le col de la matrice , a la hauteur que les parties malades l’exigent.

L’ hjstérotome , dont le nom vient des mots grecs uaTepa, matrice , et repeiv, couper , est un instrument peu compliqué, et d’un emploi très-facile ; les pièces qui le composent sont les suivantes (i) :

(i) Depuis que .cet instrument a été dessiné, je 1 ai modifié et rendu encore plus simple. 11 peut être employé pour enlever les polypes de la matrice , et

DE l’hYSTÉROTOIYIIE.

Un tube d’acier A A de trois lignes de diamètre, et de six pouces de longueur, terminé

à l’une de ses extrémités par une airigne double B B dont les branches se rapprochent de

manière a saisir fortement le col au moyen d’une «tige CC destinée a faire avancer le coulant mobile D , qui doit serrer ou écarter les branches a coulisses de l’airigne B B. La tige C C , qui traverse le tube A A dans toute sa longueur, traverse aussi le manche d’ivoire E qui est terminé par un bouton F, par lequel on fait mouvoir la tige C C a laquelle il est fixé. Au milieu de l’instrument est un cylindre de cuivre G terminé inférieurement par une espèce de poulie H sur laquelle sont le ressort I et le crochet L , qui tient élevé le levier M , qui appuie sur le renflement N du cylindre G qui sert de rappel à la lame O, destinée à couper le col de la matrice. Ce levier M, qu’on élève en pressant sur son extrémité P, reste fixé au crochet L. C’est ainsi monté, et tel qu’on le voit (ph Ire, Fig. Ire),

pour l’excision des amygdales, en le faisant faire plus petit.

3c> DE l’hYSTÉBOTOMIE.

que Vhystérotome doit être introduit dans le spéculum.

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