PHÉNOMÈNES CONSÉCUTIFS
Souvent après l’opération il survient une série d’aceidens qui épouvantent celui qui les voit pour la première fois. Quel que soit d’ailleurs le procédé qu’on ait employé , les phénomènes consécutifs sont de courte durée et dépassent rarement les premières heures qui suivent l’opération.
DE L HYSTEROTOMIE. 3^
Le sang, qui coule souvent avec force forme un caillot qui bouche le vagin et occasione des ténesmes, des selles fréque.tes et des besoins factices d’uriner. Il survient des vomissemens quelquefois très - multipliés , des rapports , des hoquets , des nausées qui produisent des angoisses pénibles; la contraction des muscles de l’abdomen et les secousses qui en résultent chassent du vagin le caillot qui avait arrêté l’hémorrhagie. Le sang qui coule de nouveau fait cesser tous ces accidens ; mais souvent lorsque l’e'coulement se prolonge la face pâlit, le pouls devient laible , il se manifeste des vertiges , des tremblemens, des tintemens d’oreilles des soubresauts des tendons et plusieurs accitdens nerveux; enfin il survient souvent une syncope qui fait cesser tous ces phénomènes et qui doit d autant moins inquiéter que c'est tun moyen que la nature emploie pour arrêter mne hémorrhagie rébelle. On doit faire revemirla malade, la tranquilliser, mais se garder 'de tamponner, à moins que le sang coulant I !ong-temps après la syncope , les jours de la ! emme ne soient menacés.
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Il esi très-rare qu’on ait besoin de tamponner, mais lorsqu’on est obligé d’en venir la, il faut laisser le tampon peu de temps dans le vagin, parce que, par la pression qu’il exerce, il peut déterminer des inflammations et s’opposer à une évacuation sanguine capable de les prévenir ou de les diminuer si elles existent déjà.
Comme ces accidens ont lieu quelques heures après l’opération, il serait très-imprudent de quitter la femme et de la laisser seule un instant.
TRAITEMENT CONSECUTIF.
Quelquefois les phénomènes que je viens d’indiquer n’ont pas lieu après l’opération ; il arrive aussi que lorsque le sang ne s’est pas écoulé en assez grande quantité, on a h craindre une fièvre violente. Il faut alors examiner l’état de la malade , et porter le doigt indicateur dans le vagin pour enlever le caillot qui avait arrêté l’hémorrhagie. De petites saignées doivent etre pratiquées au bras , a des intervalles plus ou moins longs, suivant
DE l’hYSTEROTOMIE. 3*]
que fétat du pouls le permet, et que les autres symptômes l’exigent. Les petites saignées qu’on emploie aussi pour arrêter les hémorrhagies diminuent de beaucoup l’intensité de la fièvre, et font cesser l’inflammation qui se développe toujours autour de la plaie de la matrice.
Si on aperçoit des symptômes de gastroentérite , et que la malade éprouve des douleurs a l’épigastre , il faut faire une application de sangsues sur cette partie , ordonner des lavemens et des fomentations a l’eau de graine de lin, et appliquer des cataplasmes émolliens, si le ventre n’est pas trop sensible.
Ap rès quelques jours, lorsque tous les symptômes auront disparu, on fera bien de nettoyer le vagin avec des injections d’eau de guimauve ; puis , lorsqu’il n'existera plus d’irritation et que la plaie paraîtra se cicatriser, on fera de nouvelles injections, d’abord avec de l’eau pure , ensuite avec du chlorure de chaux à un, puis successivement à deux, trois, quatre et même cinq degrés. Cette espèce d’injection active puissamment la cicatrisation qui est souvent retardée par
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les écoulemens en blanc auxquels sont sujettes presque toutes les femmes affectées de maladies à la matrice.
Ces écoulemens continuant après l’opération, font naître quelquefois des bourgeons sânicux qu’il faut cautériser avec le nitrate acide de mercure , au moyen du cautérisateur (pl. I, fîg. 3 ). La cautérisation faite par ce moyen sur la matrice , non-seulement détruit les bourgeons sanieux , mais encore les bourgeons, charnus que M. Lisjranc appelle luxurieux. Ce célèbre praticien préfère le nitrate de mercure au nitrate d’argent parce que l’expérience lui a prouvé que ce dernier caustique déterminait sur-le-champ l’écoulement des règles, ce qui cependant est plus souvent avantageux que nuisible.
Pendant les premiers jours qui suivront l’opération , on tiendra la malade a une diète rigoureuse; il faudra de temps en temps recourir aux saignées révulsives, ordonner des bains, des injections émollientes, des lavemens. Lorsque la guérison sera complète, on recommandera un régime doux plus spécialement végétal, on usera avec la
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plus grande modération des plaisirs de l’amour , dont on devra s’abstenir entièrement , si on éprouvait encore quelques douleurs.
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