CHAPITRE XI
Si l'on s'étonne d'imprévoyances trop manifestes dans la stratégie russe, si maintes négligences offrirent aux Japonais des avantages définitifs, il ne faut pas s'inquiéter outre mesure. Ce sont là les défauts nécessaires de qualités plus importantes. Le Slave n'est pas méticuleux. Rêveur, sensuel et sensible, il conçoit de larges desseins, et, pour les réaliser, se rue avec l'enthousiasme cosaque, la fureur mongole, la ténacité finnoise, la foi byzantine. Total de peuples divers, férus encore d'énergies acquises autrefois en chassant le gibier des steppes asiatiques, en poussant vers le Sud les vaincus gotlis, huns, alains, bulgares, petchenègues et polotzes, l'esprit russe est dominé par l'espoir des grandes synthèses, résultante naturelle de cet agrégat progressif qu'unifie la religion orthodoxe.
L'histoire de l'empire s'anima de cette appétence obscure, de ses actions et réactions. Ni la convoitise des luxes que procure un commerce affairé, ni le désir de quiétude que valent à leurs habitants les pays favorisés par le climat, ni le besoin de la culture que
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recherchent les lettrés, les artistes, les savants de races instruites, aucun de ces facteurs ne put s'opposer d'abord aux instincts de conquête. Seule l'émulation entre les chefs d'armées, entre les seigneurs, fut la cause des morcellements qui se produisirent à diverses époques. Mais la rapide synthèse d''états, opérée depuis la venue du northman Rurik dans le golfe de Finlande jusqu'au siège de Byzance qu'entreprit le tuteur de son fils, cela marque assez comment la pensée moscovite visa, dès les origines, à parfaire l'immense association des races qu'avait, par delà l'Oural, dégorgées l'Asie. Chaque fois qu'elle fut proclamée par un chef, par un groupe, cette idée entraîna facilement les multitudes. Il semble, à première vue, que l'apostolat chrétien eut moins de difficultés à vaincre dans ce pays qu'ailleurs. Car, nées dans la Toundra du même Orient, toutes ces populations aspirèrent vite à renouer le lien primitif momentanément rompu par le départ des familles émigrantes que rejoignirent successivement leurs tribus, de l'Est à rOuest, selon des lois ethnographiques encore imprécises.
Lorsque les Tsars se proposèrent d'adjoindre au sol acquis, depuis la mer Noire jusqu'à la mer Baltique, les terres sibériennes, berceau de la plupart de leurs sujets, ceux-ci secondèrent religieusement le vœu des souverains. C'était revenir sur le sol natal commun aux ancêtres. Goths, Huns, Alains, Bulgares, Petchenègues, Polotzes et Mongols, ralliés sous les bannières byzantines de leur César, s'en furent occuper le do-
maine d'où leurs pères avaient surgi pour se répandre à travers l'Europe. C'est pourquoi l'on peut dire que la conquête de la Mandchourie ne fut, à tout prendre, qu'un épisode de cette récupération ; que la fin du long reflux consécutif depuis quntre siècles au flux des invasions barbares.
Ayant manqué d'arts, de sciences, d'industries jusqu'au xvni® siècle, ces peuples perdirent moins que les autres l'instinct nomade d'étendre au plus loin le domaine pastoral du premier état social. Ils ont vécu jusqu'au règne de Catherine, comme si leurs tribus possédaient toujours les troupeaux innombrables de l'ère préhistorique, et comme s'il demeurait nécessaire d'assurer à la pâture de nouvelles steppes. Transformée en sentiment obscur chez les agriculteurs et les marchands, cette cause antique des émigrations et des conquêtes n'a point cessé de les déterminer aux mêmes convoitises nationales. Réunir, assembler tout le parentage épars jusqu'à l'horizon, ce fut le besoin essentiel de ces races cousines des races polonaises, hongroises, Scandinaves, roumaines, et soeurs religieuses de la Grèce par l'orthodoxie. Les annales des derniers siècles prouvèrent surabondamment cette tendance.
En étudiant leur littérature, il intéresse fort de suivre, à travers les œuvres poétiques et philosophiques, le progrès de cette tendance à la synthèse. C'est dans les « byîines », ou récits anciens, qu'apparaît tout d'abord le naturel d'Ilia, le héros sauveur de Kiev. Comme le Christ, il reste inactif jusqu'à trente
ans. Il a, comme Charlemagne, une barbe blanche. Beaucoup de ses prouesses sont celles propres à l'Achille ou aux paladins de la Table Ronde, mais défigurées et travesties par un sens de réflexion, de prudence et de bonhomie complètement étranger aux colères d'Achille, aux vengeances terribles des paladins, au point d'honneur de la chevalerie occidentale, à l'amour même de la gloire. Le sentiment chrétien de pitié envers les faibles conduit les actions valeureuses d'Ilia. « Il ne se bat que contraint et forcé, jamais pour son plaisir... Il est grand mangeur et gros buveur... A jeun, il se montre prudent et calculateur, n'aimant ni déployer inutilement sa force ni l'exposer à de trop hasardeuses épreuves. Quand il s'est résolu à affronter le péril, et qu'il a réussi à réprimer le frisson dont une telle décision est toujours accompagnée chez lui, il plaisante et goguenarde volontiers, comme c'est encore aujourd'hui l'humeur du pays au russe. »
Ce naturel patient, réfléchi, calculateur, puis obstiné et persévérant évita les enthousiasmes fous et les fautes politiques commises à foison par tels peuples beaucoup plus individualistes, spontanés et sentimentaux. Dans les bylines, la femme joue déjà le rôle d'une amazone toute virile, le rôle de celles qui firent le coup de feu dans les rues de Moscou en décembre 1905, et janvier 1906, qui excitèrent à la révolte les matelots de Cronstadt. Plus tard, elle tient celui de la créature maudite par l'Eglise pour ses défauts et ses vices. Elle ne détermine pas la vie des
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héros. Résignés et patients, ceux-ci ne cherchent, en somme, que la meilleure manière d'obtenir et conserver la quiétude aux champs et au foyer. Ils découvrirent cette manière en adoptant le système de la totalisation des races et de leurs efforts, sans asservir aucune à l'autre. Ils donnèrent très peu au triomphe et à la gloire, beaucoup à l'utilitarisme, énormément au sens d'universalité que l'Eglise chercha, tant d°. siècles, à rendre efficace en unifiant les langues dans Tidiome des prières, et en s'opposantaux libertés dispersives des hérétiques. Cet instinct d'universalisme ne manqua point d'approuver le pouvoir autoritaire et centralisateur légué par Byzance au monarque avec le titre de César conservé depuis les temps glorieux de Constantin. Les tzars châtièrent inexorablement toute manifestation philosophique, littéraire et savante, capable de mettre en doute le dogme essentiel, de créer dans les masses des différences d''opinions : par suite, des motifs de séparatisme. La tolérance, qui ne compromet guère le repos de populations homogènes, pouvait devenir mortelle pour l'ensemble de ces multitudes hétéroclites et reliées seulement grâce à la parité d'une confession religieuse. Séduite par l'Encyclopédie, Catherine II, ouvrit quelque temps une ère de libre discussion, parce qu'elle imaginait cette discussion comme un simple agrément mutuel des esprits éclairés. Au premier orage de la Révolution française, elle se hâta de revenir aux anciens principes, avertie de ce que les actes pouvaient suivre les idées.
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Corollaire de ce goût pour l'universel, l'esprit de synthèse est remarquable chez la plupart des illustres penseurs slaves- Copernic découvre au xvi^ siècle le système astronomique admis jusqu'à nos jours par la science, confirmé par la mathématique, l'optique et la chimie quotidiennes. Le premier, son génie se libère, pour ainsi dire, de l'individualisme planétaire. Il compare les vies des astres, envisage les relations de leurs mouvements, les rapports des saisons, des jours, des nuits avec la rotation de la Terre, et les phases de ses postures devant le soleil. Il unit la Terre à sa pléiade d'étoiles, et conçoit l'ensemble de leurs phénomènes respectifs. Tel encore cet extraordinaire Lomonossofï, poète, grammairien, philosophe, professeur de physique, géographe et historien, chimiste qui étonna l'Allemagne du xviii^ siècle. Ce dramaturge pose les lois de la formation de la houille dans le sol, devance Franklin dans la compréhension des phénomènes électriques, et inaugure le vers qui fera la gloire de Pouchkine.
Probablement les atavismes très divers des familles furent les causes occultes de ces génies qui totalisent, en leurs vies intellectuelles, les qualités de plusieurs races ancestrales. Peut-être attribuerait-on sans erreur aux mêmes causes l'extraordinaire facilité du Slave pour devenir polyglotte. Point de Russe cultivé qui ne sache entendre, écrire et parler couramment les langues latines, germaniques et saxonnes, outre les siennes. Au moyen d'un petit effort, il possède les dialectes chinois, et les utilise.
Lorsque, passé les époques guerrières, naquit, au ix^ siècle, la vie artistique et scientifique de l'élite, elle fut nécessairement influencée dans ses méthodes par les aspirations de l'âme populaire. Après le romantisme de Pouchkine et le réalisme sentimental de Tourgueniefif, encore trop inspirés par la littérature française, Tolstoï se révéla pour penser en véritable Russe. Il composa Guerre et Paix, le premier roman dont le héros fut toute une société, ses joies, ses angoisses, ses défaites, ses amours, ses deuils, ses triomphes, mais non plus le sempiternel amant dont la vie se limite aux seules heures de l'anecdote passionnelle, dont les vices et les vertus, les connaissances et les ignorances sont négligés s'ils ne s'exercent pas aux moments des duos langoureux. Guerre et Paix c'est plus beau que Vlliade.
Tolstoï installa l'esprit de synthèse en littérature plus complètement que Flaubert. En cela il paraît sans conteste le premier écrivain russe de tous les temps. Il a exprimé directement et par un art sans défaut, la principale tendance de sa nation. Aujourd'hui, ce qu'il professe sur l'altruisme, sa lutte contre la guerre, son apostolat en faveur du travail manuel, de la fraternité, de la charité, tout son christianisme militant désignent mieux encore son goût qui veut embrasser les œuvres du littérateur, du philanthrope, de l'Êpôtre et du réformateur. Sa gloire lui est petite si elle n'acquiert pas tout ce que l'homme peut atteindre. Il a soif de totaliser, en lui, les rêves. Un pareil désir conseilla l'appel à la Conférence de La Haye
dans le temps même où s'affirmait l'hégémonie russe en iMandchourie, en Perse, en Afghanistan.
Tolstoï est certainement le plus bel écrivain des littératures présentes, parce que ses livres contiennent le plus de vies exprimées intensément, complètement, de telle sorte qu'une société, et non un homme, un instinct ou un sentiment, paraît tout entière à l'esprit du lecteur. Tolstoï est bien, avec notre Flaubert, le créateur de ce que la postérité nommera le roman de synthèse sociale. Car Balzac a traité trop spécialement de l'homme au point de vue de l'intrigue et du moyen de parvenir, si particulier au temps de la Restauration ; car Zola étudia trop spécialement les caractères au point de vue de l'instinct. Tolstoï, au contraire, érige le personnage complet, entraînant, avec lui et ses actes, la plupart des idées, des passions et des croyances qui constituent la vigueur sociale d'une époque.
« L'objet de la psychologie, c'est-à-dire l'homme sentant, pensant, voulant, n'est qu'un produit des conditions biologiques et des conditions sociales... écrit encore M. Walizewski dans le chapitre consacré au philosophe russe Eugène deRoberty... La psychologie doit donc être regardée comme une dépendance, un prolongement de la sociologie. D'après cette hypothèse, à laquelle son auteur donne le nom de bio-sociale, et que M. Izoulet relate dans sa Cité Moderne, la société crée l'individu psychique. » Par conséquent, l'individu type est la synthèse de tous les éléments sociaux qui collaborent à sa formation.
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Admirons comment la philosophie de la Recherche Je Vunité éclaire la conception du personnage de Tolstoï, comment le romancier et le sociologue obéissent, sous des apparences extrêmeTîent différentes, à un même mode de percevoir et de mettre en synthèse. Au reste, cette philosophie doit son excellence à la confrontation générale des systèmes métaphysiques et positivistes de tous les temps. Jamais dialecticien n'avait rassemblé, par devant sa critique, autant d'idées mises en lumière, décomposées, approuvées ou condamnées, pour tirer de leur examen les principes et l'évidence d'une puissante théorie. C'est une synthèse colossale des thèses anciennes et modernes, philosophiques et scientifiques, et qui produit le nouveau dogme de l'Ethique. Déjà la pensée russe présente, à l'aube du xx^ siècle, le plus puissant romancier et le plus puissant philosophe.
La haute philosophie russe s'allie donc parfaitement à l'ambition nationale. En fondant, dès 1880, la nouvellesociologie, jadis entrevue par Auguste Comte, en l'établissant sur des bases abstraites, en écrivant sur riithique ses quatre essais révélateurs de lois neuves ; en préparant les idées qui permettront un jour de substituer à la constitution par hypothèses, la constitution rationnelle de la sociologie, puis de la philosophie qui en dérive ; en coordonnant des études définitives sur l'Inconnaissable, la Recherche de l'Unité, l'Agnosticisme, les dogmes de Comte, de Spencer et de Nietzsche, en fortifiant par ces travaux considérables
la théorie da Monisme, et celle de l'Identité des Contraires Surabstraits, M.Eugène de Roberty a donné aux penseurs un exemple unique de l'esprit de synthèse, dans ce qu'il peut concevoir de plus généralisateur. D'ailleurs, son influence sur les logiciens actuels est surprenante. M. Izoulet a reconnu jadis quel prix il fallait attacher à une oeuvre qui très évidemment inspire maintes et maintes recherches contemporaines, comme celles si curieuses de M. Lévy-Bruhl, sur la morale et la science des mœurs. Depuis de longues années, la Revue philosophique de Ribot a propagé en France les idées du sociologue qui médite, à Valentinowka, dans la province de Tver. Beaucoup de nos écrivains lui empruntent, tantôt ouvertement, tantôt secrètement. A son esprit de synthèse l'on doit une lumineuse définition, bien faite pour suggérer des doctrines politiques : « La libeité est une science, une philosophie, une esthétique devenues actives et s'exerçant au dehors... La liberté est une connaissance entrée dans une phase active d'évolution^ et considérée par nous sous ce nouvel aspect. » Que l'on réfléchisse, en effet, au prodigieux mouvement des idées encyclopédistes, au développement de la chimie, de la physique, de l'astronomie, de l'archéologie, etc. pendant la seconde moitié du xviii* siècle ; que l'on songe au nombre de professeurs, de moines oratoriens, de philosophes, de naturalistes engagés dans le mouvement de la Révolution ; que l'on se rappelle l'influence des saints-simoniens et des fouriéristes, des idéologues, de Château-
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briand et de Raspail sur la jeunesse qui triompha pendant les Trois Glorieuses ; qu'on se souvienne du rôle joué en 1848 par Auguste Comte, Lamartine, Leconte de Lisle, Arago ; que l'on constate les rapports qui lièrent la conception scientifique, artistique et littéraire de l'Equité aux appétits des multitudes en quête d'une aise meilleure, alors on admirera sans réserves cette étonnante, cette indiscutable définition de la liberté, ainsi devenue le nom de l'idéal visé par le savoir d'une époque, et qu'elle entend réaliser.
« Mais, ajoute le dialecticien russe, le libérateur du jour devient fatalement le despote du lendemain. Il se manifeste tel aux yeux des foules rien qu'en possédant et appliquant le pouvoir coercitif de sa science. Et il revêt, plus justement sans doute, le même caractère aux yeux des nouvelles élites qui ne tardent pas à se former, et dont le savoir accru dépasse bientôt le sien. C'est là l'histoire ordinaire des gens arrivés, des classes dominantes, des nations victorieuses, v»
Donc, la liberté, le despotisme sont deux moments de la même pensée, du même savoir. A la fête de la Fédération succède la Terreur ; aux journées de juillet 1830, la répression de 1832... « Ainsi se vérifie, conclut M. de Roberty, la loi logique de l'identité des contraires surabstraits, loi dont j'ai fait une des bases de mon néo-positivisme, de ma conception moniste du monde... »
Découvrir une force de synthèse plus puissante dans les pliilosophies connues, semble difficile. C'est
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à la logique russe que revient l'honneur d'avoir inauguré cette méthode et produit ce livre incomparable : La Sociologie de V Action.
On peut noter )e même genre d'effort mental si l'on examine l'œuvre de M. Mentchnikoff, le biologiste qui travaille dans nos laboratoires français, qui publia naguère son livre illustre : La Nature humaine. Même tournure d'esprit, même passion pour construire une synthèse complète des lois régissant la vie et dont il suit les manifestations à travers toutes les apparences. Au contraire, les savants germains ou anglais s'obstinent à des labeurs de spécialisations où se complaît leur esprit méticuleux, étroit, négateur et borné, mais excellent expérimentateur.
A la syntèse russe, le monde savant doit, en outre, les meilleurs travaux sur les rapports de causalité entre l'évolution politique des peuples et leur évolution économique, sur les origines de la famille et de la propriété, sur le droit primitif, sur la coutume moderne et l'ancien droit, sur le matriarcat des époques préhistoriques, sur l'origine de la démocratie moderne, sur l'évolution économique des Etats de l'Europe depuis l'invasion des Barbares jusqu'à l'avènement du capitalisme moderne. Cette seule énumération indique d'une façon très claire quelles préoccupations supérieures guidèrent M. Maxime Kovalewsky lorsqu'il écrivit cette suite d'ouvrages glorieux, lorsqu'il enseigna leurs vérités à Moscou, Stockholm, Oxford, Chicago et Paris.
Chose curieuse, les quatre plus grands noms de la
pensée russe contemporaine sont applaudis à la surface du globe pour des travaux de synthèse, en cette ère même où l'expansion slave sembla près d'unir l'Asie à l'Europe et de reconstituer l'unité du vieux monde par la puissance de son génie rêveur, enthousiaste, formidable.
Ainsi l'agglomérat de races nombreuses, hétérogènes, Scandinaves et asiatiques, unifiées par le schisme de Photius, vaut au monde un peuple homogène, le mieux muni de sentiments aptes à concevoir et à réaliser la synthèse future des nations éparses à travers le Vieux Monde. Certainement le xx^ siècle assistera, en quelque façon, au labeur d'établir ce total. Ce sera très probablement la mission des Russes qui démontrèrent comment leur génie sut unir, par la voie de fer. Occident celtique à l'Orient mongol.