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connaissance qui ne peut tirer son origine de l’expérience qu’il ne possède pas encore, mais plutôt de ce que W. Hamilton nomme « mental latency ». 11 semble bien qu’une foule de dispositions observées chez l’enfant sont héréditaires, ainsi que le pensent Binet, Preyer, Perez et bon nombre d'auteurs.
Agé de quelques semaines seulement, l'enfant est capable déjà de ressentir et d'exprimer de la colère par ses larmes, son attitude, ses cris. Plus tard, les scènes deviennent tragiques : Perez dépeint l’accès de violente fureur d’une enfant de trois ans apercevant une fillette qui possédait une poupée semblable à la sienne, « sa rage fut si forte, dit-il, qu’elle en fut malade trois jours y».
L'étude attentive de l’enfant démontre même qu’il est susceptible d'observation morale fine et délicate, qui n’est certainement pas sans lui donner des émotions d'ordre élevé. L’observation de la jeune enfant de L. Ferri est des plus suggestives à cet égard : sa mère, au Cours d’une conversation, la pria un jour d’être bonne; après quelques instants de réflexion, la fillette lui fit cette réponse, preuve d’un examen bien subtil pour une jeune conscience : « Ma mère, je sens que je ne puis être bonne ». Plus tard, âgée de cinq ans, elle fut un jour félicitée au sujet de sa conduite, elle répondit alors : « Demain, je voudrais te satisfaire mieux encore. Je voudrais toujours être bonne. Mais, dis-moi, pourquoi ne puis-je toujours être
bonne? »
CAUSES DE LA RARETÉ OES TROUBLES SOMATIQUES D'ORIGINE ÉMOTIVE CHEZ L'ENFANT
Nous savons désormais que l’enfant, même dès les premiers temps de la vie, est capable de pensée, de raisonnement, de jugement, d’émotions variées et fortes, voire encore d'observation morale. Quelles causes pourront expliquer la rareté des troubles somatiques d’origine émotive chez lui? Deux, à notre avis : l’intégrité relative de son organisme, mais encore et surtout l’inconsistance des réactions nerveuses de l'enfant, leur mobilité,
L’enfance est la période de la vie pendant laquelle les émotions se pressent, rapides. Tout est émotion chez l’enfant : un plaisir léger lui arrache des cris, un regard sévère provoque ses larmes et, l’instant d’après, la vue d’une fleur ou d’un oiseau le ravit de plaisir. Ainsi que le dit Perez, (dans l'enfant, l’inertie psychique relative explique la vivacité des impressions », les pensées graves et les émotions pénibles
gr
peuvent apparaître chez lui, mais elles s’évanouissent rapidement, car, s’il peut porter un jugement simple, il est incapable encore d’une critique suffisante et d’un examen, quelque peu compliqué soit-il; d’ailleurs, il manque d’expérience pratique et ne peut, comme l'adulte, prévoir la portée des événements, causes de ses émotions, pour toutes Ces raisons celles-ci ne se fixent pas.
Cette instabilité permanente des réactions psychiques de l’enfant, la « fugacité » de ses émotions, comme l’exprime M. Merklen, est sans aucun doute la cause principale de la rareté des troubles organiques d’origine émotive chez lui.