‹ L'Ictère Émotif: chez l'enfantChapitre 9 sur 25 · PSYCHIQUES ET PHYSIOLOGIQUES SUFFISANTES POUR RÉALISER L'ÉMOTION · texte numérisé non relu

PSYCHIQUES ET PHYSIOLOGIQUES SUFFISANTES POUR RÉALISER L'ÉMOTION

Pour réaliser l'émotion, nous avons appris qu'il faut le concours de deux éléments : psychique et physiologique. Evénement psychique : le sujet qui ressent l’émotion est doué d’une certaine activité cérébrale : pensée, raisonnement, jugement.…., activité conditionnée par un développement suffisant de la couche corticale, par l'intégrité de cette région aussi, une lésion ou même un trouble de nutrition de l'écorce provoquant des désordres psychiques. Evénement physiologique sans lequel l’émotion ne saurait être réellement, et qui ne peut $se réaliser sans le développement et le fonctionnement normal de la couche corticale et de la moelle allongée.

Nous allons rechercher si l’organisation de l’enfant et si son observation attentive nous permettent de penser qu’il est capable de fournir l’événement psy-

chique et l'événement physiologique dont est constituée l’émotion.

Tandis que la substance grise de la moelle apparaît vers le second mois de la vie intra-utérine, la Substance blanche ne se montre pas avant le quatrième mois. La myélinisation des faisceaux commence au cinquième mois par le faisceau de Burdach, aux sixième et septième mois elle envahit le faisceau de Goll et le faisceau cérébelleux direct, au cours du huitième mois le faisceau de Gowers s’entoure de sa gaîne blanche; quant au faisceau pyramidal, il n’est pas encore myélinisé à la naissance et Bechterew pense qu’il ne peut fonctionner tant qu’il n’a pas acquis sa gaîne de myé- line : & L’influx nerveux, dit-il, doit probablement se diffuser comme un courant électrique passant dans un conducteur non couvert de gutta-percha ». Le faisceau pyramidal est le faisceau de perfectionnement qui servira, grâce à Ses connexions anatomiques à la production des mouvements volontaires, aussi Son développement est-il étroitement lié à celui du cerveau. C’est ainsi que Mme Gretchrichnikoff, étudiant le cerveau de deux microcéphales, a trouvé une Micromyélie généralisée, mais accentuée surtout au niveau des faisceaux pyramidaux. (Cité par Mille Zaimowsky.)

Si maintenant nous étudions avec Makhakoff le développement de l'écorce cérébrale, nous voyons que les cellules pyramidales apparaissent seulement vers le milieu de la vie intra-utérine et qu’à la naissance elles n'ont pas encore acquis de forme. (Cité par Aille Zaimowsky.)

Le centre vaso-moteur qui réside dans la moelle allongée est constitué et fonctionne dès avant la naissance,

De l’étude précédente nous devons donc conclure que le nouveau-né est un être dont le système nerveux central est incomplet. La moelle semble chez lui le seul centre excito-moteur, le cerveau paraît incapable de pensée par suite du développement insuffisant de l'écorce, il est donc inapte à commander les mouvements, et, du reste, les faisceaux pyramidaux ne fonctionnant pas encore, ne sauraient eux-mêmes transmettre les ordres venus du cerveau si celui-ci était capable d’en formuler,

Ce n’est qu'après le sixième mois que le cerveau pourra être considéré comme définitivement constitué et à ce moment aussi la myélinisation du faisceau pyramidal sera effectuée.

Ainsi dans les six premiers mois qui suivent la naïssance, le jeune enfant, par suite de l'insuffisance de son système nerveux Central, semble incapable d’émotion. | HR

De ce que la couche corticale est incomplètement développée avant le sixième mois et de ce que le faisceau pyramidal n’est pas encore pourvu de sa . gaîne de myéline avant cette époque, résulte-t-il vraiment qu'au début de sa vie l'enfant est incapable de pensée, de mouvement volontaire, d'émotion? 1/observation nous apprend, au contraire, qu'il est facile de susciter de bonne heure, chez le nouveau-né, des sen-

timents de crainte, surtout à l’aide d’impressions audi-

D ve.

tives. Darwin, Perez ont noté des signes évidents {le frayeur chez l'enfant de quelques semaines. Ne le voyons-nous pas, bien avant l’âge de six mois, sous l'influence de la peur sursauter brusquement, ouvrir de grands yeux effarés, esquisser des mouvements «le recul ou de fuite, se blottir craintivement dans le sein de sa mère? ( A trois mois, et même auparavant, nous dit Perez, la simple vue de visages étrangers le fait quelquefois s’agiter et respirer au point de sembler anhélant ». Il est même évident, à un examen quelque peu attentif, que le jeune enfant à lintuition vague des dangers qui l'environnent,

Bien que l’écorce cérébrale soit, au début de la vie, non développée complètement, bien qu'à cette époque le faisceau pyramidal ne soit pas totalement myélinisé, ils semblent donc permettre une pensée, un jugeanent, obscurs encore, des mouvements volontaires comme cela nous est démontré par les réactions émotives que manifeste le tout jeune enfant.

Perez pense avec Laromiguière, que l'enfant est capable de raisonnement (dès le berceau :», sans cela, remarque ce dernier, il n’acquerrait jamais cette faculté : (Son âme, réduite à de pures sensations qu'elle ne pourrait ni démêler, ni comparer, ni réunir, ni diviser, serait privée de toute idée et ne prendrait jamais rang parmi les intelligences ». Bell donne l'exemple d’un jeune enfant de six à sept mois : « Si nous le faisons Sauter dans nos bras, dit Bell, il reste inmobile tant que nous l'élevons, mais à la descente il se débat et fait des efforts ». Il existe donc en lui une

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