OBSERVATIONS D'ICTÈRE ÉMOTIF INFANTILE
Nous savons désormais que l'émotion est possible, même de bonne heure, chez l'enfant, mais que par suite de sa fugacité elle retentit rarement de façon patho- Jogique sur Son jeune organisme. Jusqu'à l’année 1911, nous avons en effet rencontré seulement six observations d’ictère émotif infantile dans la littérature médicale, toutes d'auteurs français.
En février dernier, M. le D' Merklen rélatait un cas d’ictère de cause morale chez l’enfant, à la Société de Pédiatrie; le même jour, M. le D' Voisin donnait également l’observation d’un ictère de même cause. Peu de temps après, M. le D' Nobécourt avait luimême l’occasion d’en étudier un cas particulièrement intéressant en raison des antécédents de son jeune malade, Enfin, M. le D' Mouriquand apportait bientôt une quatrième observation, non moins intéressante et instructive que les trois autres, Nous avons eu nous-
même, en avril dernier, la bonne fortune d'observer un jeune ictérique <lans le service de M. le D' Richardière, suppléé à cette époque par M. Nobécourt, Cet enfant avait été frappé d'ictère dans des circonstances telles qu’il ne pouvait subsister un doute dans l'esprit, l’origine du syndrome ictère, Ià encore, était l'émotion.
Nous reproduisons ces observations ici; dans toutes, le choc moral est bien la cause évidente,
OBSERVATION I (M. CouLox)
Louise G.…., 9 ans, a toujours jjoui d’une excellente santé. Le 17 mai 1888, l'enfant se trouvant le soir dans l’obscurité fut effrayée par un jeune apprenti de son père, lequel surgit tout à coup près d’elle en criant. Conséquence : crise nerveuse légère.
Le lendemain matin, l’enfant présentait un ictère accompagné de céphalalgie, de malaise, d’un peu de prurit. (Les jours suivants, les urines prirent une teinte brune et les selles se décolorèrent. I] fut administré, le 24, 0 gr. 60 de Calomel. D’autre part, l'enfant fut soumise au régime Jlacté coupé d’eau de Vichy. Les selles se recolorèrent graduellement et toute trace d’ictère avait disparu dès les
premiers jours de juin.