‹ L'Ictère Émotif: chez l'enfantChapitre 8 sur 25 · CENTRE DE L’ÉMOTION · texte numérisé non relu

CENTRE DE L’ÉMOTION

Alceméon, médecin de Crotone et contemporain de Pythagore, fut, sans doute, l’un des premiers qui, chez les Grecs, localisa dans le cerveau les sensations et la pensée. Pour lui, le cerveau est le principe du sentiment et du mouvement, le siège de l’âme auquel arrivent toutes les sensations. Il eut pour disciples Pythagore, Démocrite, Platon, Straton, Hérophile, Eristrate, Galien qui s’éleva, plus tard, contre la théorie hippocratique laquelle localisait le centre de lintelligence dans le ventricule gauche du cœur...

Du III au XIV*° siècle, on admit, en général, la doctrine de Galien.

Descartes, dans l'étude des sensations et de lintelligence suit Galien, les grands anatomistes de l’école d'Alexandrie et les physiologistes grecs, mais pour lui : « l’âme est le principe supérieur qui Se révèle par la pensée; elle n’a rien à voir dans le fonctionnement de la vie; la vie n’est qu'un effet supérieur des lois de la mécanique ».

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Leibnitz suit Descartes.

Prochaska partage leurs idées. :

Pour Bichat, Pinel, Fodéré, le cerveau est l’organe de 11 vie animale, il est le centre de tout ce qui a trait à l'intelligence : mémoire, perception, imagination, fondement des opérations de l’entendement reposant elles-mêmes sur « l’action des sens ». Mais, pour eux, si « toute espèce de sensation a son centre dans le cerveau » et si les sensations sont l’occasion des passions, Celles-ci n’affectent jamais directement le cerveau, elles ont pour siège unique les organes de la vie interne : foie, estomac, cœur, intestin.

Gall et Spurzheim localisent l’intelligence dans le cerveau qui, pour eux, est aussi le centre des sensations.

l’école de la Salpêtrière, de 1820 à 1833, élabore Ia doctrine de Delaye, Foville, Pinel-Grandchamp et elle trouve son fondement dans la clinique, l’anatomie pathologique et la physiologie expérimentale. Pour elle, la substance corticale du cerveau est affectée à l’exercice des opérations intellectuelles, e’est-à-dire, elle est le siège de l'intelligence, tandis que dans la substance fibreuse est localisée la locomotion. Elle considère le cervelet comme le siège de la sensibilité et cela pour des raisons anatomiques : connexion avec les faisceaux postérieurs de la moelle épinière et aussi parce que cela lui semble prouvé par des recherches expérimentales et la comparaison des altérations pathologiques de cet organe avec les symptômes observés.

Legallois (1774-1814) pense que du cerveau émanent les déterminations de la plupart des actes, mais que la moelle épinière est la source du sentiment.

Pour Lallemand (1790-1854), les sensations sont perçues par les mêmes portions du cerveau qui provoquent les contractions musculaires, ce qui le prouve c'est que, dans toutes les affections cérébrales, ce sont les mêmes parties qui sont privées de mouvement et de sentiment.

Desmoulins (1796-1854) subit, comme Lallemand, l'influence de Gall et reconnaît qu'entre une faculté et un développement plus ou moins considérable des replis cérébraux un rapport direct doit exister.

Pour Magendie (1783-1855), les fonctions de l’intelligence peuvent varier avec la masse, le volume et le mode de structure des circonvolutions cérébrales. La disposition anatomique indique que le sentiment doit se diriger plus particulièrement vers le cervelet, le mouvement vers le cerveau. Il combat les idées de Bichat au sujet des passions, ce sont, pour lui, des sensations internes, elles ne peuvent avoir de siège.

Gall, Delaye, Foville, Pinel-Grandchamp, Eallemand avaient bien localisé dans la substance grise corticale des hémisphères le siège de l’intelligence, mais ils n'avaient situé le siège ni de la volonté, ni de. la sensibilité dans le substratum organique des fonctions intellectuelles.

Parchappe a fait de l'écorce grise du cerveau le sièse commun et exclusif de l'intelligence, de la volonté et de la sensibilité Cette doctrine phy-

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siologique est fondée sur la démonstration faite par Parchappe lui-même, en 1838, que la paralysie générale des aliénés résulte d’une altération destructive de la couche corticale. De plus, Parchappe considère la couche corticale du cerveau « comme l’aboutissant des impressions sensitives ». I’observation clinique lui avait montré que la perception des impressions sensitives diminue dans la même mesure que la force des mouvements volontaires (en raison de l’étendue et de la profondeur des altérations organiques de l'écorce grise, »

Le pius grand nombre des. physiologistes pense que l'écorce cérébrale joue un grand rôle dans la genèse des émotions, surtout de celles dites exaltatives.

Meynert, Emminghaus, Kraft-Ebing inclinent à admettre que la couche corticale est surtout liée au développement de la pensée et des sentiments. Kraft- Ebing va même jusqu’à dire que « les sentiments et la pensée sont une fonction DU LE de la couche corticale ».

Mais on admet encore l'existence d’un centre émotif commun que la plupart localisent dans la moelle allongée : « Centre de douleur et de plaisir, dit Sergi, provoqués par tout stimulus organique, physique, sensitif, en quelque point du corps que ce soit, externe ou interne, ou bien provoqués par des perceptions, des idées, des pensées... Tout sentiment, en quelque leu qu'il Soit provoqué, continue Sergi, de quelque caractère qu’il soit, se rapporte directement à un centre émotif commun dans la moelle allongée, de là, partent les

excitations qui modifient, troublent, révolutionnent la vie organique en commençant par le cœur et la respiration ».

Le médecin Hacke-Tuke indique, en 1872, que le plus grand nombre des physiologistes localise le centre émotif commun dans la moelle allongée. Cependant Willis et Todd pensent qu'il siège dans la protubérance, Brown-Sequard partage leur avis, mais, son opinion est que probablement la moelle allongée participe à la constitution de ce siège. Pour Spencer, « ce n’est pas par elle-même que la moelle allongée peut générer l'émotion, mais par elle l'émotion se développe sous l'influence coordonnée des grands centres qui la dominent ». Marshall-Hall pense que « l’émotion, les passions et le sens de la douleur ont leur siège dans la moelle allongée y».

Pour Lange, les émotions dépenilent ‘lu centre vasomoteur qui réside dans la moelle allongée; « quelles que soient les causes qui provoquent les émotions, leur action revient tout entière sur le système nerveux, en un seul point, dans le centre vaso-moteur, dans le groupe des cellules nerveuses qui règlent l’innervation des vaisseaux. Par l’excitation de ces cellules qui se trouvent principalement au passage entre le cerveau et la moelle allongée, les causes des émotions produisent les phénomènes physiologiques dans lesquels elles consistent essentiellement ».

Pour Sergi, le centre vaso-moteur-est trop étroit pour expliquer tous les phénomènes émotifs.

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Pour le professeur Raymond, le choc émotif atteint en première ligne l’encéphale et il met plus particu-. lièrement en branle les divers centres : psychique, moteur, sensitif, vaso-moteur, thermique.

La théorie vaso-motrice a été édifiée par Malebranche dans son célèbre ouvrage : De la recherche de la Vérité. | PE CR TRS Te

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