OBSERVATION I
Il s'agissait d'une infection à perfringens d’origine puerpérale qui évolua avec une grande rapidité, amenant la mort cinq jours après l'avortement sans déterminer de lésions hépatiques.
A l’autopsie: le foie pesait 1.050 gr.
La capsule de Glisson était soulevée par des bulles gazeuses ; le parenchyme creusé de trous remplis de gaz fétides avait l’aspect d’une éponge.
Les reins très gros, rouge vineux, avaient à la coupe une coloration chocolat.
Les surrénales étaient dans un état de décomposition complète.
L'examen histologique fait sept heures après la mort montra :
Un foie quine présentaitpas de dislocation des travées.
pas de nodules infectieux ;
pas de foyers de dégénérescence ;
= 10 1e pas de lésions cytologiques.
Par contre, on trouvait de nombreux perfringens,
soit dans les voies biliaires ; soit dans les capillaires.
Des reins dans lesquels on notait l'absence de toute réaction interstitielle ou parenchymateuse. L'appareil glomérulo-tubulaire et excréteur était entièrementinjecté par un exsudat pulvérulent d’origine hémoglobinique qui remplissait et distendait toutes les cavités.
Dans la plupart des corpuscules de Malpighi l’espace était rempli par un exsudat granuleux coloré en rouge par l’éosine orange, exsudat formé par des granulations de volume variable : poussière fine ou granulations allant jusqu’à revêtir l'aspect de fragments crénelés d’hématies \
Les tubes étaient bourrés du même exsudat qui aplatissait. les épithéliums des cellules intactes. Le noyau était normal, à partun aplatissement mécanique.
On trouvait quelques perfringens près des vaisseaux. l’alérus avait toute sa surface interne violettetellement était dense la couche de bactéries qui la tapissait. L’inoculation ne donne pas d’ictère mais de l’hémoglobinémie, de l’hémoglobinurie et une hémolyse locale.
Pas d’altération hépatobiliaire mais une hémolyse intravasculaire suraiguë.
Il s'agissait donc d’un ictère grave hémolytique.
Quant à l’examen du sang, il a montré une hémoglobinémie intense (2.270.000), un plasma rouge cerise, une grosse leucocytose avec une forte réaction myéloïde (myélocytes et hématies nucléées).Cette formule leucocytaire avait été cons-
tatée déjà dans un cas d’ictère grave hépatogène par
PA, JDE
MM. Widal et Abrami ; et MM. Quenu et Joltrain l'avaient notée dans un de leurs cas.
Enfin il convient de constater que l’évolution du syndrome était restée identique à celle des ictères graves hépatogènes, non seulement en ce qui concerne les symptômes fondamentaux mais même certains signes comme l’azotémie.Rétention uréique dans le sérum (2 gr. 30) et dans le liquide céphalo-
rachidien.