‹ L'ictère hépato-biliaireChapitre 14 sur 32 · RS PT · texte numérisé non relu

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EXAMENS RADIOLOGIQUES :

Estomac - Duodénum.

Dans tous les cas où nous avons pu la pratiquer, la radiographie après repas baryté nous a montré des images de duodénite, plus ou moins importantes, mais constantes. Il y a donc une duodénite dans l’ictère. Quelle est sa valeur ?

Nous tenons a insister d’abord :

1) sur la fréquence des images de duodénite découvertes lors d'examens systématiques faits au cours d'affections digestives variées.

2) sur le manque de précision de l'interprétation des dites images de duodénite. Quelle est la part de l’oedème et celle du spasme, quelle est celle de linflammation et celle du système nerveux ?

3) la perturbation digestive que la rétention biliaire entraîne ne peut-elle dans le cas qui nous occupe en être cause ?

Il était intéressant de savoir si, dans l’hépatite à virus, l'atteinte digestive duodénale était primitive ou conséquence des lésions hépatiques mises en évidence par l’ictère. Pour répondre à cette question, la gastroscopie constitue une méthode indirecte de choix.

Dès le troisième jour de la phase ictérique, on observe dans l'estomac des altérations de gastrite avec granulations fines de la muqueuse, coloration grise ou brun jaunâtre, et parfois un trouble de sa surface.

À partir du septième jour, hémorragies groupées le plus souvent sur la crête des plis.

Du 17° au 30° jour, l'aspect redevient normal.

Ces altérations semblent caractéristiques de l’hépatite à virus. Elles montrent qu’il.existent au niveau du tube digestif non un simple trouble spasmodique mais un élément inflammatoire, probablement dû à Patteinte virale. ... Er

:En- résumé, des lésions duodénales existent dans l'hépatite ictérigène à virus, souvènt intenses, comme le montre cette observation: ï

OBSERVATION

Malade indigène, âgé de 21”/ans, entrant Salle Dumolard (Service du Professeur THIODET), pour anémie aiguë. Le début qui remonte à 15 jours fut marqué par de violentes douleurs épigastriques, accompagnées de vomissements postprandiaux. ‘Puis, apparition d’un ictère franc avec urines très foncées, selles décolorées. La constipation est opiniâtre, le malade se plaint d’insomnie. Au 13° jour, hématémèse très importante (2 litres) qui l’amène à l’hôpital. Il ne peut nous préciser s’il y a eu du méloena.

A l’examen, aspect d’anémie intense, ictère léger. Foie de dimensions normales, non sensible. La vésicule est douloureuse à la palpation, la rate n’est. ni palpable ni percutable. Toute l’évolution semble avoir été apyrétique.

Les épreuves fonctionnelles hépatiques sont perturbées. LA crase sanguine est sensiblement normale. Les suites sont simples, 2 semaines plus tard, repas baryté, qui montre un passage œsophagien normal (pas de varices), un aspect gastrique normale, un bulbe normal, D2 dilaté, élargi, avec de très gros pli — aucune image d’ulcère.

Un mois après le premier examen, le malade est de nouveau hospitalisé pour de nouvelles radios. Toujours aucune image d’ulcère, le duodénum est intolérant, réduit, surtout D2 à un mince défilé. Aspect de duodénite spasmodique séquelle. La vésicule faiblement injectée semble normale. |

En résumé, diagnostic probable : duodénite hémorragique au cours d’une hépatite ictérigène à virus.

L'aspect de duodénite radiologique doit-il être admis comme signe en faveur d’une hépatite à virus au cours d’un ictère ? Nous ne le pensons pas, car cette duodénite est de constatation trop fréquente pour avoir une valeur même d'indice.

Radiographie avec opacification des votes biliaires.

Contre l'opinion habituellement répandue, des dangers. de l’administration au cours de la jaunisse, de composés iodés aux fins de choléscystographie, s’élèvent les auteurs américains. Les uns, se servant d’un produit dont à notre connaissance nous ne disposons pas en France, le d’iodikon (tétraiodo-phtaléine de

sodium), préconisent l’administration par voie vei-

neuse, à 24 heures d'intervalle, de 3 doses de 750 mgr, dans un litre de solution glucosée. Les radiographies

sont prises 24 et 48 heures après la dernière injection. L’opacification des voies biliaire ainsi obtenue, se maintient de 1 à plusieurs jours au lieu de quelques heures témoignant d’un obstacle extra-hépatique, alors qu'une lésion d’hépatite ne donnerait aucun opacification. D’autres, emploient un composé donné par voie digestive, avec des résultats similaires.

Nous n’avons trouvé aucun travail français sur cette question.

Pour le problème qui nous occupe, retenons qu’au cours de l'hépatite ictérigène, la vésicule n’est généralement pas opacifiée après absorption de préparations iodées.

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