‹ L'ictère hépato-biliaireChapitre 20 sur 32 · MARS · texte numérisé non relu

MARS

1) L'hépatite parenchymateuse prédominante va se traduire par un ictère d’intensite moyenne, sans hépatomégalie, avec des selles de coloration normale. Les épreuves fonctionnelles sont perturbées, le cholestérol est bas, souvent au-dessous de 1 gr., le taux de bilirubine, moyennement élevé, se tient autour de 30 mgr. p. 1.000. Leur évolution est en général assez longue.

2) L’hépatite biliaire prédominante se présente comme un ictère rétentionnel. Ictèré franc, intense, avec gros foie de cholostase, selles décolorées. Les épreuves hépatiques sont variablement troublées, le cholestérol est normal ou élevé, le taux de bilirubine dépasse parfois 100 mgr p. 1.000. Le premier signe de guérison est une brusque régression du foie qui reprend une dimension normale en 24 à 48 heures. Le début de l'affection est souvent marqué de vives douleurs épigastriques. À la guérison, certainement hâtée par les tubages, les séquelles biliaires sont fréquentes.

En voici un cas :

Indigène âgé de 43 ans, hospitalisé salle Soulié (Service du Professeur LEBON) pour un ictère franc généralisé datant de neuf jours. Le début a été marqué par une phase d’asthénie de 48 heures avec anorexie croissante. Puis l’asthénie est devenue rapidement intense, accompagnée de céphalées, de vertiges, d'état nauséeux. 5 jours plus tard, l’ictère se déclarait.

. “ \ 12 [a . , . . . 6 L’ictère est généralisé, intense. Le foie est sensible, souple, très augmenté de volume (16 cm sur la ligne mamelonnaire), la rate est percutable, les urines sont noires, les selles décolorées.

Epreuves fonctionnelles : Thymol : 50° Verne :; floculation ++++ ; Hanger ++++ ; quinine Tanret positive dans les 4 tubes ; épreuve de l’eau : 1" heure, 600 - 2° heure, 250 ; cholestérol 2 gr. 08 ; bilirubine directe : 75 mgr. Ce gros foie, le cholestérol élevé, le taux important de bilirubine, sont en faveur d’un élément rétentionnel marqué.

On pratique un tubage duodénal qui ramène quelques centitubes de bile A. Mais dès l’injection du sulfate de magnésie, une série d'efforts de Yomissement rejette la sonde. L’examen ne peut se poursuivre. Cependant, le lendemain, le foie mesure seulement 12 cm. Trois jours après, foie de dimensions normales, les urines s’éclaircissent, l’ictère diminue .considéra-

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blement. Sept jours après l’essai de tubage, bilirubine directe 17 mgr. La guérison est simple, mais il persiste des brulûres épigastriques et une vive douleur vésiculaire à la palpation.

En résumé, ictère avec tableau d’hépatite biliaire prédominante.

Nou avons, dans notre présentation clinique du début, décrit deux types d’ictères d'évolution trainante : — l’ictère prolongé ; — l’ictère à rechute.

Les ictères que nous avons pu voir, répondant à cette description, se classaient effectivement en deux groupes nettement distincts.

1) Les uns présentaient un ictère sans hépatomégalie, se classant dans l’hépatite à prédominance parenchymateuse, qui à la troisième semaine n’amorçait pas de crise urinaire franche. L’ictère passait par des phases de déjaunissement, les selles étaient colorées. Le taux de bilirubine ne dépassait que rarement 30 mgr. Dans ces cas, lorsque la guérison survient, elle est susceptible de donner lieu à des rechutes de même type. Les épisodes œdémateux et ascitiques sont fréquents, qui n’ont que la valeur d’une exagération du trouble du métabolisme de l’eau, plus ou moins marqué au cours de toute hépatite. Ce sont ces formes qui ont fréquemment évolué vers une cirrhose, L’interrogatoire révèle souvent des causes de fragilation hépatique (éthyl, intoxication chronique malade dépassant la quarantaine).

2) Les autres ont, soit d'emblée un aspect rétentionnel, soit, après avoir amorcé la guérison (déjaunissement des urines, ébauche de crise urinaire), présentent de nouveau un matin, un ictère intense dans un tableau rétentionnel. Gros foie sensible, selles décolorées.

Tout se passait comme si l'hépatite s'étant améliorée, une faute de régime ou un lever trop précoce avait accentué le syndrome biliaire. Ces ictères, longtemps rebelles au traitement cèdent finalement aux tubages répétés et sont de bon pronostic, maïs laissent fréquemment des séquelles biliaires.

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