PRÉFACE DE LA TRADUCTION FRANÇAISE
Le Président Roosevelt a réuni sous le litre d'Idéal Américain une série d'articles publiés par lui sur des sujets très divers.
Pourtant le livre a son unité. Il est, d'un bout à l'autre, l'expression de la mentalité américaine ; il peut aider un lecteur français à déchiffrer cette énigme qu'est pour lui un Américain.
Les peuples sont en effet des énigmes les una pour les autres et l'Amérique est tout particulière-iment une énigme pour nous. Français. Sans doute une sympathie très sincère nous unit aux citoyens des États-Unis ; sans doute aussi nous sommes moins ignorants qu'autrefois de ce qui se passe sur l'autre rive de l'Atlantique ; nous savons que les jeunes filles américaines sortent seules, que les politiciens sont souvent corrompus, que de gigantesques trusts se sont constitués dans plu» sieurs industries, que Chicago, , Ne\y- York et Ie$
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autres grandes villes possèdent des maisons d'une hauteur inouïe et d'un nombre d'étages extraordinaire ; nous savons bien d'autres choses encore ; nous sommes mieux informés, mais, d'ordinaire, nous ne comprenons pas. Nous sommes renseignés sur quelques faits, mais nous ne nous rendons pas compte de leur sens, ni du lien qu'ils ont entre eux.
Pour connaître vraiment une société, il ne suffit pas de savoir comment elle se comporte, à quel genre d'activité elle se livre, de quelle manière ses niembres se groupent; il faut encore discerner les motifs qui la font agir en réalité, et aussi les motifs d'agir qu'elle se propose à elle-même, qu'elle considère comme déterminants. Pour connaître l'Amérique, il faudrait voir clairement ce qu'il y a dans le cerveau et dans le cœur américains, comment un Américain-type comprend, comment et à quoi il s'attache, comment il juge par conséquent. On aurait ainsi la clef des phénomènes qu'une, observation scientifiquement conduite peut rechercher, analyser, comparer et classer. C'est pourquoi un des éléments très importants de toute observation sociale est la conversation prolongée avec les hommes qui exercent une influence sup.^ leurs concitoyens, qui savent le moyen d'atteindre.
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leur cerveau et qui trouvent le chemin de leur cœur. Les sympathiesetlesantipalhies d'un de ces hommes exprimées sans détour dans les entretiens familiers, ouvrent des vues profondes sur l'état social d'un pays. Ce sont comme des éclairs traversant subitement l'obscurité de la nuit et jetant sur Les objets leur vive lumière.
Avant d'être investi de la magistrature suprême, Théodore Rooseveltcomptaitdéjàparmi les hommes de marque de son pays. La guerre de Cuba et le rôle qu'il y avait joué à la tète de ses Rough Riders avait mis une glorieuse auréole autour de son nom déjà connu comme celui d'un administrateur intègre et énergique. La ville de New-York avait bénélicié, en effet, de sa vigoureuse ardeur à combattre lé désordre. Il avait assaini la police municipale aVec clairvoyance et promptitude ; il s'était acquis par là la reconnaissance de tous les bons citoyens. Les élections de 1900 le portèrent à la vice-présidence de la République, situation honorifique, mais relativement effacée, d'où la mort malheureuse du Président Mac-Kinley devait le tirer promptement.
Sa fortune politique, portée au plus haut point par un événement imprévu, repose donc cependant sur de grands services rendus. Ce n'est pas le hasarfl «les circonstances, encore moins la basse