‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 10 sur 87 · Ps. CXIX · texte numérisé non relu

Ps. CXIX

pussent se les approprier. Il n'admet à son école que des chrétiens avides d'arriver à la vie étemelle, quihus ad vitam aeternam gradiendi amor incumbit ^ ; capables de la désirer de toute l'ardeur d'un désir spirituel, Vitam aeternam omni concupiscentia spirituali desîderare^.

On ne tarirait pas si l'on voulait redire les éloges dont la vertu de componction a été l'objet de la part des auteurs ascétiques : mais ce qui lui donne incontestablement le plus de prix à nos yeux, c'est qu'elle est comme la pierre de touche de tout ce qu'ont produit les plus beaux siècles de l'Église et de l'ordre monastique. C'est elle qui donne aux antiques formules de la sainte liturgie leur cachet inimitable d'onction suave et pénétrante ; elle, qui a inspiré les productions les plus estimées de notre vieille spiritualité bénédictine, depuis les Morales de saint Grégoire jusqu'au Spéculum monachorum de notre pieux I^ouis de Blois. I^es modernes ont été parfois plus savants, plus systématiques surtout : jamais ils n'ont surpassé, si même ils l'ont atteinte, cette onction communicative des anciens écrivains mystiques. Il existe, presque encore à l'état de manuscrit, un Bnchiridion destiné à initier les novices de la Congrégation de Bursfeld aux exercices journaliers de la piété monastique : on ne peut sans émotion se figurer ce que devait être la vie d'un moine faisant passer dans ses moindres actes la force de componction qui perce à chaque page de

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