‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 9 sur 87 · Ps. LXII · texte numérisé non relu

Ps. LXII

pression de ces sentiments, Tâme se rend un compte exact de tout ce qu'il y a en elle-même de ruines et de ténèbres, de révoltes et de luttes. Autour d'elle, le spectacle n'est pas moins affligeant : c'est le monde qui s'efforce de l'entraîner dans sa ruine, et la poursuit de sa haine, tant qu'elle persévère dans l'amour du Christ ;, ce sont ces légions d'esprits, ces puissances infernales qui infestent jusqu'à l'air même qu'elle respire ;ce sont ces mille sujets d'affliction par lesquels Dieu se plaît à éprouver les siens. Dans son angoisse, l'âme alors se tourne vers Jésus ; mais Jésus lui-même parfois semble sommeiller, et l'unique ressource est de faire entendre ce cri de douloureux effroi, Domine, salva nos, perimus ^.

De cette expérience de sa misère, l'âme en vient tout naturellement à désirer le séjour bienheureux d'oti elle est encore absente, ubi non est, mais où elle espère parvenir avec le secours d'en-haut. Ce désir enflammé devient pour elle une nouvelle et quatrième source de componction, et c'est de loin la plus abondante, et d'ailleurs la plus douce. C'est l'ardeur aimante de Madeleine, qui s'obstine à chercher son Maître, sans se donner de repos qu'elle ne l'ait trouvé ; c'est cette faim de voir la face de Dieu, qui réduisait David à se nourrir nuit et jour du pain des larmes ^, et lui arrachait ce cri d'exilé. « Hélas, que les jours de mon pèlerinage se font longs ^ ! » Quelle que soit l'élévation que supposent de tels sentiments, saint Benoît a voulu que ses moines

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