‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 12 sur 87 · I. Gen. XXII · texte numérisé non relu

I. Gen. XXII

^. Act. X, 33, ...

entrant en ce monde, un mot d'obéissance plénière, absolue, à la volonté de Dieu légitimement manifestée ? Ecce venio, ut facîam voluntatem tuam. Deus meus voîui, et legem tuam in medio cordis mei^. Si ce mot d'obéissance « est écrit en tête du livre » qui contient la liste des prédestinés, saint Benoît ne pouvait moins faire que d'ouvrir aussi par lui le code de perfection destiné à ses fils. Ausculta, c'estrà-dire non pas simplement écoute, comme on écoute les vérités purement spéculatives ; mais écoute, en ajoutant foi à ce que tu entends, en y obtempérant, obéis enfin. Et pour montrer que c'est bien là le sens, il a soin de nous avertir aussitôt que son langage ne s'adresse qu'à ceux-là seuls qui sont décidés à prendre en main les armes glorieuses et très fortes de l'obéissance : Ad te meus sermo dirigîtur, qui obedientiae fortissima atque praeclara arma sumis.

C'était révéler du premier coup le point de vue auquel lui, le législateur spirituel donné par Dieu à l'Occident, envisageait tout l'ensemble de la vie monastique. Et vraiment, c'est bien le seul d'où l'on puisse embrasser tout, le seul qui assure à notre vie son unité et sa stabilité.

Notre grand malHeur ici-bas, la cause de ces troubles incessants, de ces mille surprises pénibles qui forment le tissu de la vie humaine, c'est que nous ne savons pas ramener, comme il le faudrait, chaque chose à l'unité. Il y a en nous tout un peuple de puissances, ayant chacune ses aspirations opposées à celles des autres et parfois aux siennes

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