‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 16 sur 87 · Règle, c. II · texte numérisé non relu

Règle, c. II

Christ : quando ipsîus vocatur pronomîne,,. Abbas vocetur, non sua assumptione, sed honore et amore Chrisii ^.

L'Abbé est donc véritablement le principe générateur de la famille monastique : et c'est pour ce motif, comme on Va souvent répété, que le chapitre Qualis debeat abbas esse vient en première place dans la Règle, après le chapitre qui sert d'introduction. Tout autre législateur eût probablement traité de l'Abbé après ce qui concerne la communauté entière, avec les autres officiers, les doyens, le prieur, le cellérier et les autres ; Benoît, lui, a voulu que l'Abbé fût la pierre fondamentale de tout le cloître spirituel^ Quand on commence la construction d'un monastère, on pose d'abord avec solennité une première pierre, destinée à servir de fondement à tout l'édifice matériel. C'est ce qu'on faisait aussi dans les temps anciens pour l'édifice spirituel : jamais on n'envoyait l'essaim destiné à une nouvelle fondation, sans avoir mis à sa tête un premier Abbé. ly'abbé réalise donc en lui-même cette autre qualité du Christ, chantée à l'avance par les Prophètes : il est la « pierre angulaire » du monastère, pierre destinée à assurer sa solidité à toute cette construction, faite d'âmes fortes et d'âmes faibles, d'innocents et de pénitents, de nobles et de roturiers, de riches et de pauvres, de savants et d'ignorants, tous choisis par le divin architecte, et unis entre eux par le ciment d'une charité indestructible. Et c'est justement parce qu'il doit porter ainsi tout l'édifice, et lui assurer sa stabilité, que le saint législateur exige de l'Abbé

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