‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 17 sur 87 · I. Règle, c. LXIII · texte numérisé non relu

I. Règle, c. LXIII

tant de qualités : il le veut « carré », comme ces fortes pierres dont étaient construits le temple de Salomon et l'autel de la vision d'Ézéchiel, c'est à-dire, homme de doctrine et de vertu, de miséricorde et de justice.

Grâces à Dieu, la plupart des communautés peuvent, de nos jours, se féliciter sous ce rapport : mais, lors même que l'Abbé ne serait pas complètement ce qu'il doit être, il faudrait encore se confier à lui et lui obéir. Saint Pierre, après avoir dit que le Christ était la pierre fondamentale, déplore le sort de ceux qui ne se confient pas à cette pierre, qui vont se heurter contre elle, « parce qu'ils n'ont pas su obéir ^ » Ne soyons point de ce nombre : n'oublions jamais que ce n'est pas sur un homme que nous reposons, mais sur le Christ ; sans quoi, nous encourrions la malédiction du Prophète : « Malheur à celui qui place sa confiance dans l'homme, Maiedictus homo qui confiait in homine, et ponit carnem hrachium suum ^. » Est-ce que l'Église repose sur un homme ? Et pourtant Simon en sera la pierre fondamentale. Y a-t-il donc deux pierres, deux fondements, le Christ et Simon ? Non : mais, il y a en Simon l'homme faible et mortel, le Gahléen timide qui frémit à la voix d'une servante ; et il y a le proclamateur de la divinité du Christ, celui qui doit confirmer ses frères dans la foi, le Pasteur suprême des brebis et des agneaux. De même, dans tout Abbé quel qu'il soit, il y a l'homme faillible comme nous, pécheur comme nous, plus que nous peut-être

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