Jer. XVII
OBEISSANCE 3â
dépourvu de certaines qualités. Mais avec celuici nous n'avons rien à voir, il disparaît, il est couvert par les rayons de lumière qui, au jour de son élection, ont jailli de la face du Christ sur la sienne. C'est ainsi transfiguré que notre foi doit le considérer. Autrement, même avec le chef de communauté le plus accompli, nous ne tarderions pas à chanceler : car, encore une fois, l'homme est toujours l'homme, c'est-à-dirp un élément auquel on ne peut se fier, Omnis homo mendax ^ Rappelons-nous la scène de saint Pierre marchant sur les eaux. Est-ce que les eaux étaient plus solides avant que Pierre commençât à enfoncer ? Nullement, mais sa foi en la parole de Jésus avait soudain faibli, et ne voyant plus que l'eau et le vent, il subit l'action naturelle de l'élément mobile. Il en va de même avec nous et nos supérieurs. Si nous nous sommes confiés à eux, c'est à cause de la parole du Christ. Sûrs de cette parole, nous avons commencé d'aller par eux à Jésus : ambulabat super aquam, ut veniret ad lesum ^ ; ou, comme dit la sainte Règle ^, scientes se per hanc ohedientîae viam ituros ad Deum. Mais n'allons pas oublier la parole qui seule est notre appui, n'allons pas regarder l'homme, nous arrêter à l'homme : autrement nous enfoncerons, nous périrons, à moins que Jésus étendant sa main ne nous saisisse et nous dise : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté * ? »