loh. IV
Augustin n'ait exercé sous ce rapport une grande influence sur le monachisme occidental, et spécialement sur notre saint législateur, autant par la largeur de sa doctrine que par l'exemple de sa vie. Dieu semble avoir choisi cet homme incomparable pour manifester par lui cette vérité, que ce qu'il faut chercher avant tout, c'est l'amour, in primis Dominum Deum dïlîgere'^, et que s'il est beau et permis de chercher cet amour dans la pénitence, il est plus beau encore, et plus tentant pour les grandes ^âmes, de faire de l'amour leur propre bourreau, en cherchant la pénitence dans l'amour. Saint Benoît vivait précisément à l'époque où l'Église Romaine traduisait cette importante doctrine dans les augustes formules que nous savourons encore aujourd'hui, spécialement durant le jeûne du Carême.
De là vient que, pour lui, la vraie croix du moine est intérieure, c'est le renoncement à la volonté propre, c'est l'obéissance. Tout le reste doit découler d'elle, et relève de son contrôle. lyà même où le bienheureux Père, sortant de sa réserve habituelle, exhorte ses fils à ajouter pendant le Carême quelques actes de mortification corporelle à la mesure accoutumée de leur service, il a soin d'ajouter aussitôt que cela toutefois ne se peut faire qu'avec l'assentiment de l'Abbé : nous donnant ainsi à entendre que l'obéissance est bien la première et la plus indispensable des mortifications. De là vient que, d'une largeur qui a pu de son temps paraître excessive à l'endroit de ce qui concerne le manger et le boire, l'usage de la parole et du sommeil, il se