‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 28 sur 87 · Règle, c. LXXII · texte numérisé non relu

Règle, c. LXXII

tané. Il est constant que Dieu ne s*approche jamais de l'âme qu'il se veut unir d'une façon plus intime, sans lui demander « cette hostie vivante, sainte et agréable à Dieu ^ », qui est, suivant l'Apôtre, l'immolation de notre propre corps.

Notre premier devoir, lorsque Dieu a parlé ainsi à l'âme d'un de nos frères, et que le Supérieur a donné son consentement, c'est de supporter avec un souverain respect et de ne gêner en rien la liberté de l'action divine. Je dis supporter, parce que c'est une chose trop naturelle, dans une communauté, que les marques extérieures du progrès d'autrui causent un certain sentiment de jalousie et de tristesse aux âmes qui ne se sentent pas aussi avancées elles-mêmes, et qui ne sont pas encore assez largement établies dans la charité pour comprendre qu'un des résultats les plus merveilleux comme aussi les plus assurés de cette vertu est de faire que tous les biens soient communs entre ceux qui s'aiment véritablement en Dieu. De là vient qu'il n'est pas rare de voir le désir de correspondre à la grâce étouffé dans certaines âmes par la crainte de paraître vouloir entreprendre plus que les autres. Rien ne serait plus déplorable, plus contraire au véritable esprit monastique, que cet arrêt subit de l'essor spirituel, dans un milieu destiné à le promouvoir en assurant et dirigeant sa liberté. Aussi, je crois inutile de m'arrêter à ce point, sinon pour nous mettre en garde contre les premiers mouvements de la nature. Nous saurons nous rappeler cette large et belle doctrine de s. Paul au chap. XIV® de l'Épître aux Romains : « Que celui

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