‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 3 sur 87 · Cf. Act. II · texte numérisé non relu

Cf. Act. II

au vif : et en efïet il porte coup. Mais voyez combien la blessure est salutaire. Loin de s'irriter, de protester, d'imposer silence, ces hommes, qui, quelques semaines auparavant, avaient trempé dans l'affreux déicide, se frappent maintenant la poitrine : ils sont touchés de componction. Compuncti sunt corde. I^a componction, telle est donc la première chose que l'Esprit-Saint opère dans l'âme de ceux qu'il appelle à la foi chrétienne.

C'est aussi le premier et le plus sûr des signes de la vocation monastique. Le moine est un chrétien qui renonce au genre de vie du commun des hommes, pour en adopter un autre plus parfait. Or, comment, sous quelle influence, se détermine-t-il à ce changement ? C'est ce qu'exprime fort bien une des oraisons assignées, dans notre Rituel, pour la vêture des novices : « O Dieu, y est-il dit, accordez le don de la persévérance à votre serviteur, que vous avez distingué des autres hommes en lui inspirant l'ardeur d'une sainte componction : Quem sanctae compunctîonis ardore ah hominum ceterorum proposito segregasti. » C'est donc l'esprit de componction qui fait faire le premier pas à l'âme qui se détourne de la voie large du monde, pour embrasser le sentier étroit de la perfection. Telle est bien la pensée de saint Benoît ; et, de peur que nous ne l'oubliions, de peur que nous n'osions franchir le seuil du monastère sans cette compagne indispensable, il commence sa Règle, — le premier livre qu'on nous mettra entre les mains — par nous reprocher notre lâcheté passée, a quo per inobedientiae desîdiam recesseras ^. Il ne

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