I. Rotn. VI
rites du baptême : « Vous tous, dit-il, qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ ^». C'est comme s'il disait : Il faut que cette vie divine, qui vous a envahis avec les eaux de la fontaine sacrée, ne cesse point de jaillir en vous, de vous, sur vous. Il faut que vous la portiez, par une communauté incessante d'esprit et de vie avec le Christ, comme le vêtement qui toujours nous accompagne, montrant aux hommes ce que nous sommes, . notre profession, le rang que nous assigne la naissance ou la fortune. C'est là l'origine de cette robe blanche donnée aux néophytes au sortir de la piscine : elle devait leur rappeler ce que les avait faits la grâce du baptême, d'autres Christs. On ne se contentait pas de ce symbole : la même idée était reproduite sous des formes multiples. Le Christ est le Messie, l'oint du Seigneur : le Christ est aussi le chef de l'homme, Omnîs viri caput Christus est^. Pour exprimer cette doctrine, on fera sur la tête du nouveau baptisé une onction d'huile parfumée: c'est la chrismatio. I^e Christ encore est Roi, et ce Roi a son emblème, son signe, que doivent porter ceux qui combattent pour lui : c'est la croix, que la main du pontife trace sur le front de chaque néophyte, en le « consignant du chrême du salut », accompagné de la paix. I^e Christ enfin est lumière : et c'est pourquoi un cierge allumé est remis dans les mains de l'initié. Enfin, pour que ce revêtement spirituel ne paraisse pas seulement au dehors comme l'habit, pour qu'il pénètre plus avant que l'onction elle-