‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 35 sur 87 · I Cor. XI · texte numérisé non relu

I Cor. XI

même, voici qui mettra le sceau à tous les mystères : le sacrement du corps et du sang du Christ, qui s'insinue jusqu'aux moelles de notre être, pour y opérer cette compénétration prodigieuse, terme suprême devant lequel n'a pas reculé l'amour que nous porte Jésus.

Tout ce revêtement symbolique s'accomplit pour nous au jour de la profession, d'une façon plus austère sans doute, mais non moins significative. Rien n'y manque. Si, dans le vêtement distinctif qui nous est remis à ce moment solennel, la couleur noire a remplacé la blancheur éclatante de la tunique pascale, c'est pour nous apprendre . que ce second baptême est plus laborieux que le premier, un baptême de pénitence, oii l'état de mort ne finira qu'avec la vie apparente et trompeuse que nous menons icibas. I/onction d'allégrese et de paix qui l'accompagne nous est signifiée par l'embrassement fraternel durant lequel on chante l'union des cœurs que le Seigneur bénit, cette union que le psalmiste compare au parfum délicieux coulant de la tête d'Aaron jusqu'au bord de ses vêtements. Quant à la remise du signe de la croix, elle fit partie de l'initiation ' monastique en Orient dès les temps les plus anciens ; en Occident, on vit dans la forme même de la coule un symbole suffisant de la croix du Seigneur, si bien que la prise d'habit du nouveau profès était exprimée couramment par cette formule : dominicae cruci dedicari, être dédié, voué, consacré à la croix du Seigneur. Le cierge allumé entre pareillement dans le rituel des moines orientaux : pour nous, il est suppléé d'une façon touchante et

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expressive par l'appel du diacre au nouveau frère, au moment où il va s'approcher du Christ-Lumière et en « orner » la lampe de son cœur : Siirge qui dormis... et illuminabit te Christiis'^. N'est-ce pas cette façon d'envisager la réception de l'Eucharistie, qui avait fait choisir dans la primitive Église, comme chant habituel de la communion, ce beau psaume XXXIII où il est dit : « Approchez-vous du Seigneur, et laissez-vous pénétrer par sa lumière, Accedite ad eiim, et illuminamini f »

Un dernier trait achèvera de nous rendre sensible l'analogie qui existe entre le cérémonial du baptême et celui de la profession monastique. Le néophyte ne rentre pas tout de suite après son baptême dans la vie commune. .Durant un certain nombre de jours, il gardera sa blanche tunique, participant aux saints mystères, fréquentant assidûment la maison de Dieu, ayant sa place à part dans les réunions de la communauté chrétienne. C'est seulement le samedi in albis, qu'après avoir déposé la robe des néophytes, il prendra rang dans la foule des fidèles ordinaires. Nos pères ont tenu à imiter à l'égard des jeunes profès ces prescriptions de l'Église par rapport à ses nouvelles recities. Dans la plupart de nos monastères, le moine devait, pendant les jours qui suivaient sa profession, porter constamment la coule dont l'Abbé l'avait revêtu, et observer un silence absolu : on allait jusqu'à coudre l'ouverture antérieure du capuchon, de telle sorte qu'on ne pût l'ôter ni le jour ni la nuit, et cette pratique s'observe encore aujourd'hui dans quelques abbayes. Enfin,

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