‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 38 sur 87 · I. Ibid. c · texte numérisé non relu

I. Ibid. c

Erant autem persévérantes in doctrina apostolorum.

Ils étaient assidus à entendre et à pratiquer la doctrine des apôtres.

Voici que nous entrons dans une phase nouvelle du récit des Actes. Nous avions vu les auditeurs de s. Pierre, touchés de componction, demander ce qu'ils avaient à faire. Pierre a répondu : Faites pénitence, recevez le baptême. Son conseil a été suivi sur-le-champ par trois mille hommes. C'est la vie de ces jeunes recrues, de ces prémices de l'Église naissante, que saint lyuc va maintenant nous décrire ; et cette vie, la tradition, conforme au texte que je viens de citer, Ta désignée sous le nom de vie apostolique, vita apostolica. Aujourd'hui, on entend communément par là la vie de ceux qui exercent le ministère de la prédication, soit dans leur propre pays, soit dans les missions lointaines. Tout autre est le sens donné au mot « apostolique » dans le langage des douze premiers siècles. Un homme apostolique, vir apostolîcus, c'est un homme qui vit comme vivaient les apôtres et leurs disciples immédiats, lya vie apostolique, c'est la vie de ceux qui

s'efforcent d'imiter la conduite des premiers chrétiens, c'est, par excellence, et ordinairement parlant, la vie monastique. Telle est, en particulier, la doctrine développée dans l'opuscule : De vita vere apostolica ^, attribué au vénérable abbé Rupert de Deutz. A propos des Ordres nouveaux qui avaient commencé à surgir depuis la fin du XI® siècle, l'auteur se demande si, comme d'aucuns le prétendaient, la vie apostolique consistait à baptiser, prêcher et faire des miracles. Après avoir démontré les conséquences absurdes d'une telle doctrine, il établit, en s'appuyant sur l'autorité de Cassien, que la véritable vie apostolique n'est autre que celle des premiers chrétiens, laquelle, n'ayant pu être pratiquée toujours avec une égale ferveur par la foule sans cesse croissante des baptisés, a fini par trouver refuge dans un milieu restreint d'âmes d'élite, avides de rester fidèles à l'idéal enseigné et pratiqué par les apôtres. Ces âmes de choix, ce sont les moines.

Ce langage n'a pas été inspiré au vénérable abbé de Deutz par une simple prétention d'esprit de corps : saint Augustin et saint Jérôme n'en connaissent point d'autre ; et saint Benoît lui-même dans sa Règle nous enseigne la même doctrine, lorsqu'à diverses reprises il nous renvoie aux exemples de la vie des premiers chrétiens, soit à propos des objets à distribuer entre les frères ^, soit lorsqu'il recommande d'éviter dans la vente des produits du travail la fraude commise par Ananie et Saphire au

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