‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 39 sur 87 · Règle, c. XXXIV · texte numérisé non relu

Règle, c. XXXIV

sein de l'Église naissante^, soit enfin quand il proclame expressément que nous ne serons jamais plus véritablement moines, qu'en imitant le genre de vie de nos pères dans la foi et des apôtres euxmêmes : Timc vere monachî sunt, si labore manuum suorum vivunt, sîcut et patres nostri et apostoli ^. Tel est donc notre modèle : la vie des premiers chrétiens, la vie qui a germé à l'origine de l'Église, sous la double influence des conseils et des exemples des apôtres. Et, de vrai, nous chercherions vainement ailleurs un motif plus fondé de nous glorifier en Dieu de notre qualité de moines. On nous accuse parfois d'être des arriérés, de n'admettre que le moyen âge, de finir avec lui la vie de l'Église, au risque de nous réduire nous-mêmes à la condition de reliques, vénérables, si l'on veut, magnifiquement enchâssées, mais enfin de reliques desséchées et sans vie apparente au sein de la société chrétienne de nos jours. Eh bien ! non : il ne s'agit pas pour nous de revenir au moyen âge et à ce qu'il peut y avoir d'à jamais suranné dans ses institutions. Non encore, nous n'estimons pas que la vie de l'Église se termine à telle ou telle page de l'histoire. Seulement, nous savons que cette vie n'a jamais été plus riche ni plus abondante qu'au début, alors que la terre était encore toute chaude du sang versé sur le Calvaire. Nous tenons que les Apôtres ont réellement reçu « les prémices de l'Esprit », c'est-à-dire, suivant l'expHcation de la Glose confirmée par saint Thomas, avant les autres, et plus abondamment que tous les

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