c. XLVIII
autres, et fempore prîus, et ceterîs abundantius'^. Or, notre unique ambition est de nous rapprocher le plus possible du genre de vie qu'ils ont inauguré dans FÉglise, de conserver la plénitude de leur esprit, en dépit de la diminution de vérité et du refroidissement de charité que les siècles, on ne peut le nier, ont toujours amenés après eux. Nous voulons nous rapprocher du tronc, rester étroitement unis à lui, vivre de sa vie robuste et plénière. D'aucuns, voyant ailleurs cette multiplicité de petites branches, de fleurs et de fruits agréable à la vue, qui paraît aux extrémités de Tarbre, pourront s'imaginer que toute la vie est là, dans ces jeunes et dernières pousses où l'action de la sève est plus visible : mais que serait tout cela sans ce tronc puissant dont les fibres, d'autant plus vigoureuses qu'elles touchent de plus près à la racine, communiquent à tout le reste l'abondance de vie qui déborde d'elles-mêmes? Notre racine, c'est le Christ, celui que nous appelons de nos vœux durant l'Avent sous ce titre, O radix Jesse, celui qu'Isaïe a vu s'élever de terre, sicut radix de terra sitîenti^, c'est-à-dire, du sein virginal de Marie. Le tronc, c'est ce qui rattache immédiatement tout le reste à la racine, c'est la génération apostolique, c'est tout ce qui a été choisi par Dieu pour conserver jusqu'à la fin des temps la sève chrétienne dans sa force et sa richesse primitive. Le feuillage et les fruits changent d'année en année ; les branches secondaires elles-mêmes peuvent disparaître par mille accidents divers : seule,