‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 46 sur 87 · I. I Cor. X · texte numérisé non relu

I. I Cor. X

gence de tout ce qu'il y a pour nous, moines, dans cet auguste sacrifice auquel nous prenons part chaque jour. Sans doute, la simple foi trouve déjà suffisamment à s'édifier dans les paroles des lyivres saints relatives à l'institution de ce mystère ; mais Dieu n'a point voulu que nous nous contentions de cela. L,es paroles et les rites qui accompagnent la célébration de TEucliaristie doivent être considérés par nous comme empreints d'un sens profond :

Jésus et ses Apôtres ont dû en régler eux-mêmes un certain nombre ; le reste est l'expression la plus pure de ce que pensaient, de ce qu'éprouvaient nos pères dans la foi, au sujet de ce grand legs du Sauveur. Ce que nous en avons retenu n'a point d'autre provenance ; si nous voulons l'exercer avec une conscience éclairée, avec une intelligence aussi complète que possible des moindres détails, rien ne nous y aidera comme de remonter à cette source, en nous instruisant soigneusement et avec amour de tout ce qui touche aux origines du culte catholique, et surtout de l'acte le plus sublime de ce culte, le sacrifice de l'autel. C'est une des occupations du noviciat, mais là on ne peut que commencer : un bon moine gardera toute sa vie la même ardeur pour augmenter à ce point de vue son trésor de connaissances spirituelles. Et pour en venir à la pratique, c'est une chose excellente, comme on nous l'a dit parfois, de repasser de temps en temps, spécialement à l'époque des exercices annuels, le texte même des rubriques et du canon, afin de prévenir les dangers inévitables de la routine et de l'oubli dans la célébration d'un si auguste sacrifice.

FRACTION Dtl PAIN 93

Quant à la manière d'assister à la sainte messe, si nous avons compris ce qu'elle est pour nous, il ne se peut guère que nous ne préférions ce qui est commun, ce qui exprime mieux l'unité, aux pratiques, même plus douces en soi, de la dévotion privée. Je sais tel monastère, où il fallut un jour rappeler à l'ordre d'excellents frères, qui s'éloignaient de la messe de communion célébrée le dimanche après Laudes au grand autel, pour s'en aller assister furtivement à une messe privée dans quelque recoin caché de l'église. Agir ainsi sans motif sérieux et raisonnable, simplement pour satisfaire son besoin de recueillement, c'était en effet ne pas suffisamment comprendre la nature et la portée véritable du saint sacrifice. De même pour nous, en carême et les jours de jeûne, quand nous avons plusieurs messes conventuelles, il est toujours si beau de voir un certain nombre de moines y représenter d'une façon convenable la communauté, quitte à remplacer par là, ou au moins à transférer à un autre moment, telle ou telle pratique de dévotion.

Le même principe nous guidera dans le choix d'une méthode pour assister à la liturgie. Il y a toutes sortes de méthodes, dues pour la plupart à des personnages recommandables par leur sainteté, mais dont la plupart aussi ont le tort d'isoler plus ou moins l'âme de ce qui se passe à l'autel. Après les avoir tentées l'une après l'autre, on revient instinctivement à cette méthode, si vieille et si simple, qui consiste tout bonnement à suivre du regard les actions, de l'oreille les paroles et les chants, du cœur ce qui se cache sous tout cela, le mystère vital

du christianisme, cette fraction du pain qui est icibas notre plus grand moyen d'union, en attendant cette union plus parfaite au sein des joies étemelles, que nous demandons à Dieu dans une des oraisons après la communion : ut quod temporaliter gerimus, aeternis gaudiis consequamur ^.

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