I. I Thess. V
laisse à peine à l'âme le temps de respirer, on ne peut nier que certaines communautés monastiques, ou du moins certains membres de ces communautés, ne soient exposés à manquer parfois de loisir pour répondre à l'invitation du Psalmiste : Vacate et videte ^. Il était donc prudent d'étendre à tous, dans une certaine mesure, le bénéfice de ces expédients modernes, destinés à assurer à chaque homme de bonne volonté au moins le minimum de temps nécessaire pour vaquer à Dieu et aux choses de Tâme. De là, ces sages prescriptions de la plupart de nos Constitutions monastiques touchant la méditation quotidienne d'une demi-heure, l'examen de conscience après Compiles, et les exercices annuels de la retraite.
Mais faut-il s'en tenir là ? Évidemment non, surtout si la grâce de Dieu et la direction de l'Abbé nous portent à réaliser d'une façon plus parfaite l'idéal de la vie monastique à ce point de vue.
On demandera peut-être en quoi consiste cet idéal ? lye voici en un mot : élever doucement, bien doucement, le niveau de toutes les puissances de l'âme, élargir d'une façon paisible et régulière toutes les avenues par où Dieu vient à elle, afin qu'elle puisse se remplir de toute la plénitude de ce Dieu, qui, suivant le mot de saint Augustin, est la nourriture des grands. Cihus sum grandium ; cresce, et manducabis me^. Pour en arriver là, il nous faut avant tout nous faire une idée exacte de la vie contemplative, telle qu'on Ta entendue dans notre Ordre et