Confess. 1. VII, c. lo
dans l'Église jusqu'au XUI** siècle, et de la façon dont s'y rattachent les diverses pratiques de la piété moderne : la lecture spirituelle, la méditation, la prière et la contemplation proprement dite.
Commençons par parler de la différence. Ce que nous avons exposé jusqu'ici aura suffi pour la faire pressentir : c'est, principalement, que ce qui est là uni dans un ensemble plein de simplicité et de naturel, se trouve divisé systématiquement en autant d'actes ou d'états distincts, ayant chacun leur rôle nettement spécifié, leur temps déterminé à l'avance, sauf le dernier, la contemplation, dans laquelle on n'a plus vu que le privilège exceptionnel de certaines âmes plu^ élevées en grâces. On fera la méditation à telle heure du matin, durant tant de temps : la lecture spirituelle le soir, de telle heure à telle heure : on priera à tels et tels moments donnés de la journée, et ainsi de suite.
Tel n'est pas le système de notre bienheureux Père, ni celui qui fut en usage après lui pendant près de mille ans. Là, point de séparations factices, point d'heures assignées à chacun des phénomènes de la vie intérieure. Il y a tout, sans doute : mais chaque chose germe spontanément à son heure, c'està-dire à l'heure de l'Esprit, qui agit dans les âmes quand il lui plaît, et aussi longtemps qu'il lui plaît. C'est cette liberté souveraine de l'Esprit que s. Benoît veut avant tout respecter dans chacune de ses prescriptions relatives à la prière : Nisi forte ex affectu inspîratîonis divinae protendatur...^ Prafer qui forte sibi pecuîîariter vult orare, non împedia-