I. Règle, c. XX
tur. . . Si aller vult sibî forte secretîus orare, sîmplîciter întret et oret^.
Une seule chose a son temps fixé d'avance par la Règle, c'est la lectio dîvina, la lecture des choses de Dieu. Cela se conçoit : la lecture est comme le fonds commun, comme le sein où l'âme doit se réfugier habituellement, son point de départ pour s'élever à Dieu. Comment cela ? S. Thomas l'explique admirablement dans sa Somme théologique ^ ; mieux encore, peut-être, Guigue le Chartreux dans son traité De modo orandi ^. ly'homme n'arrive pas d'un bond à cet acte suprême de la vie spirituelle, qui est la contemplation de la vérité : il lui faut une matière, il ne faut entreprendre de commercer avec Dieu, sans se faire d'abord emprunteur. Dieu parfois se charge de faire lui-même toutes les avances : dans sa miséricordieuse condescendance, il remplit soudain et sans aucun intermédiaire une âme jusque-là ignorante des communications les plus abondantes de sa Sagesse divine. Mais les cas de ce genre sont relativement rares, et ce serait folie de s'en prévaloir dans la pratique. En général, il ne suffit, pour avancer dans la vie spirituelle, ni dé se montrer fidèle dans l'action, ni même de s'adresser directement à Dieu par la prière ; il faut, de plus, recourir aux moyens humains mis à notre disposition pour faire pénétrer la vérité dans notre âme. Or, on peut recevoir les germes de