‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 6 sur 87 · Cf. s. Gregor. Moral. 1. XXIII, n · texte numérisé non relu

Cf. s. Gregor. Moral. 1. XXIII, n

pour la plus grande part, tandis que dans les dernières, l'amour est presque tout.

La première espèce de traits est destinée à faire sentir à l'âme l'état oii elle s'est trouvée, ubi fuit : c'est-à-dire ses péchés passés, son abus des bienfaits de Dieu, ses infidélités sans nombre. De là naît cette componction qui envahit le cœur du Publicain, lorsque, n'osant pas même lever les yeux, il répétait humblement ce cri qui suffit à le justifier : Deus, propitius esio mihi peccatori. S. Benoît nous en suggère la pratique, lorsqu'il nous dit de ne passer aucun jour sans confesser à Dieu dans la prière nos péchés passés, avec larmes et gémissements : Mala sua prfieterita cum lacrimis vel gemitu cotidie in oratione Deo confiteri ^. C'est" aussi le souhait que forme l'Abbé dans la Préface qu'il chante sur le nouveau profès : Peceata sua incessahiliter cum lacrimis accuset. Tous, nous pouvons ressentir cette première sorte de componction : car, suivant le mot de s. Jean, « si quelqu'un dit qu'il est sans péché, il se trompe, et la vérité n'est pas en lui ^ ». Nous savons d'ailleurs qu'il n'est pas nécessaire d'avoir commis de grands crimes pour éprouver à un haut degré cette componction née du souvenir des fautes passées : rappelons-nous seulement ces touchantes prières de notre saint Anselme, oti ce genre de douleur éclate en véritables sanglots, sans que l'histoire signale dans sa vie les errements qu'ils feraient d'abord supposer. C'est que les larmes de la vraie componction sont comme un verre grossissant, qui

Page 1