‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 62 sur 87 · I. Act. II, 45 ; IV · texte numérisé non relu

I. Act. II, 45 ; IV

démocraties, c'est Tégalité absolue pour tous et pour chacun, quels que soient ses devoirs, et par conséquent ses droits : c'est le lit de Procuste, qui doit servir aux grands comme aux petits, au risque de nécessiter la mutilation des premiers et la distension violente des autres. L'égalité monastique, c'est l'égalité proportionnelle, qui tient compte des différences physiques et morales, des dons de la nature et de ceux de la grâce, mesurant à chacun le travail et le repos, les soulagements du corps et ceux de l'âme, suivant les forces et les besoins de chacun. Unusquisque proprîum hahet donum ex Deo : alius sic, alius vero sic ^.

Notre siècle, il faut bien l'avouer, malgré tout ce qu'il peut avoir de bon, est malheureusement un siècle de nivellement. Non seulement on a retranché aux représentants officiels du pouvoir et des différents ordres des classes supérieures ce qui pouvait relever leur prestige extérieur aux yeux des populations : mais on s'est attaché partout, surtout dans les contrées visitées par la Révolution, à ruiner toute institution capable d'exercer une sorte de supériorité quelconque. Cela est vrai des grandes corporations religieuses, scientifiques, ou même simplement ouvrières ; cela est vrai aussi des individus. Notre société, si fière d'avoir proclamé les droits de l'honmie et relevé la dignité de l'individu, n'a pas trouvé le moyen d'élargir ses bases, sans obliger du même coup les sommets à baisser. On a vulgarisé dans la mesure du possible le bienfait de l'instruction : mais on ne s'est pas tant mis en peine

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