Fiscal, Pensées, XXIX
2. Dupanloup, Discours pour la liberté de l'enseignement supérieur, cité dans sa Vie par Lagrange, t. III, p. 308,
donne et ce qu'elle pourrait donner ; puis les moyens à employer pour retirer de cette âme tout le profit possible pour Dieu, pour elle-même et pour ses frères.
On comprend dès lors combien de qualités se cachent sous ce simple nom de discrétion, et comment le législateur a pu l'appeler la mère des vertus. Discretio mater vir'tutum ^. Elle requiert avant tout une largeur de pensée, d'affection, de conduite, excessivement rare de nos jours : elle suppose, en effet, que l'on apprécie et dispose chaque chose suivant la valeur qu'elle a aux yeux de Dieu ; elle constitue comme une participation intime à la science et à la providence de Dieu. Dieu seul est l'être souverainement discret : nul ne l'égale dans l'art de traiter chaque âme suivant ses besoins, de la conduire à sa fin surnaturelle tout en respectant sa libre nature. I^'idéal de l'homme serait de se rapprocher autant que possible de cet art divin, qui lui est manifesté dans chaque détail des rapports du monde avec Dieu. Mais c'est surtout dans le cloître que nous devons nous attendre à trouver cet idéal réalisé dans la mesure du possible ici-bas. I^à, en effet, les âmes sont plus délicates, plus transparentes ; d'autre part, les lumières naturelles et surnaturelles sont plus abondantes et comme rapprochées en un faisceau puissant qui permet, comme dit l'Apôtre, de voir chaque chose sous son vrai jour, Spîrîtualis iudîcàt omnîa^.
Or, le premier résultat de cette abondance de