‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 73 sur 87 · Règle, c. LXÏV · texte numérisé non relu

Règle, c. LXÏV

exciterait ensuite fatalement un malaise pénible dans le reste de la communauté. C'est ici le lieu de se rappeler cette sentence d'un des plus graves théologiens^ par rapport à la plus haute dignité dont puisse être investi un homme sur la terre : Non eget Petrus mendacio nostro, nostra adulatione non eget. Souvenons-nous aussi que Paul, cette âme si noble et si vraie, a tenu à se rendre un témoignage de n'avoir jamais usé de flatterie, même en paroles : Neque enini aliquando fuîmus in sermone adulationis, sicut scitîs^.

Et pour en finir avec ce qui regarde la simplicité vis-à-vis du prochain, adoptons comme devise constante ces deux mots qui vont bien à des serviteurs du Christ : franchise et courtoisie. Il est peu de mots dans notre langue qui sonnent aussi noblement que celui de franchise. La franchise, c'est la transparence de l'âme, c'est le cœur visible dans le regard ; c'est la bonne conscience qui n'a rien de feint, rien de fardé, rien de compassé. Aucune qualité peut-être n'est plus hautement appréciée, même des mondains : elle trouve infailliblement le chemin des cœurs. Mettez un homme d'esprit, en même temps homme de cœur, en présence d'un groupe de personnes qui lui sont toutes également inconnues : vous verrez que de lui-même, par une sorte de mouvement irrésistible, il se sentira porté vers celle dont le front est plus ouvert, le regard plus candide, l'extérieur moins composé. Tel est le crédit dont jouit la franchise, surtout à notre époque : et c'est peut-être un des

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