I Thess. II. S
meilleurs côtés de la société contemporaine, qu'elle sache faire tant de cas d'une si belle chose. Il va sans dire que cette franchise ne doit être ni rude ni brutale : elle demande comme compagne naturelle la courtoisie, cette politesse chrétienne qui n'a rien d'affecté et qui est de mise partout, même dans un monastère. Il est écrit de Hugues de Cluny, qu'il avait fait de son monastère un vrai promenoir des anges : deamhulatorium angelorum ^. Chaque cloître bénédictin devrait se régler d'après le code de politesse observé par les élus du ciel. Il y a toujours du progrès à faire en cette matière, et nous en ferons infailliblement, à mesure que notre être de grâce se perfectionnera ; car c'est un des points où la grâce opère le plus visiblement pour compléter la nature. Jamais on ne trouvera une âme quelque peu avancée en grâce, qui ne soit en même temps une âme délicate, au courant de ce qu'il y a de plus exquis en fait d'égards et de politesse sincère.
Simples en tout avec le prochain, nous devons l'être aussi avec nous-mêmes. Comment cela ? En notis estimant, en nous traitant, selon que nous nous connaissons dans la lumière de Dieu : avec ce qu'il y a de bon et de défectueux dans notre nature : avec nos péchés, mais aussi avec les grâces que nous avons reçues d'en haut : avec nos incapacités de tout genre, mais aussi avec les dons que la miséricorde divine a départis à chacun. Se voir ainsi tout entier, ce n'est pas, dit saint Augustin, le fait de l'orgueil qui enfle, mais le témoignage d'une âme qui ne veut