I. Vita s. Hugon., auct. Hildeberto, Migne 159, 885 A
pas être ingrate : Non est haec siiperbia inflati, sed confessio non ingrati ^. Une fois que la croyance à l'action indispensable de la grâce est bien ancrée dans une âme, il n'est rien vraiment qui puisse l'étonner, en fait de dons à recevoir d'en haut ou de fonctions à remplir ici-bas. Elle s'est habituée à se mettre elle-même hors de cause : tout son office se borne, pour ainsi dire, à « glorifier le Seigneur opérant en elle », operantem in se Domînum magnificant ^. En cela consiste proprement la vraie humilité et l'humble simplicité dont parle s. Benoît dans son sixième degré. « Accoutumons-nous, disait D. Guéranger, à recevoir avec simplicité de la main de Dieu les plus grands dons. » S'il arrive que le supérieur ou le choix de nos frères nous confie quelque emploi capable d'effrayer notre humilité, mettons aussitôt un terme aux perplexités de la conscience, en nous rappelant que le moine vraiment simple doit être prêt à occuper, fût-ce la place d'Abbé, si Dieu l'y appelait, sans plus de façon que n'en met le novice à s'acquitter de « l'office d'humilité », une fois que le Père Maître l'a désigné à cet effet. Autrement, si nous distinguons, si nous acceptons ceci et que nous nous excusions de cela comme trop au-dessus de nous, c'est donc que nous comptons sur nos propres forces, c'est que nous ne donnons pas le tout à Dieu et à sa grâce, comme le veut la justice.
Mais nous aurons plus ample matière encore à exercer notre simplicité à l'égard de nos propres