‹ L'idéal monastique et la vie Chrétienne des premiers jours [microform]Chapitre 8 sur 87 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

mort, ce grand sommeil qui doit venir tous nous surprendre, et si infailliblement, et si tôt, et si à l'improviste? L,e monde fait tout ce qu'il peut pour éloigner et chasser ces pensées, oui, même le monde qui a reçu les sacrements du Christ et prétend faire profession d'une certaine piété. Pour nous autres moines, voici un des signes auxquels on doit nous reconnaître : lorsqu'on nous demande pourquoi nous sommes venus ici, il faut que nous puissions répondre en vérité : Pour nous préparer à la mort et au jugement de Dieu. C'est ce que veut de nous notre saint législateur : il le dit clairement, et dans son prologue, et dans toute la suite de sa Règle, mais spécialement dans le ch. IV®, où il nous met entre les mains les trois instruments dont l'action combinée produira naturellement en nous cette seconde sorte de componction : Mortem cotidie ante oculos suspectam habere. Diem iudicîi timere. Gehennam expavescere.

I^a troisième espèce de componction naît de la considération des maux sans nombre de la vie présente : elle fait sentir à l'âme la condition misérable où elle se trouve ici-bas, iibî est. C'est celle qu'éprouvait Job, lorsqu'il s'écriait : « Oui, toute la vie de l'homme sur la terre n'est qu'une épreuve continuelle, Tentatîo est vita hominîs super terram ^ » ; celle qui arrachait à David des accents comme ceuxci : Unîversa vanitas omnls homo vivens. ..^ In terra déserta et invia et inaquosa^. Sous l'im-

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