‹ L'idéalisme contemporainChapitre 13 sur 51 · Rev. de mét., 1901, p · texte numérisé non relu

Rev. de mét., 1901, p

titue en opposition à l'intellectualisme comme une philosophie de l’action. Dès lors qu'importe que les théories soient arbitraires, si elles sont commodes, si elles nous permettent de « parler » la morale et d’assurer la circulation sociale du discours scientifique ? Qu'importe que les faits soient artificiels, si par eux nous avons prise sur la nature, si nous la captons et la conduisons à nos fins utilitaires ? La valeur de la science c’est de rendre la nature « agissable » pour nous, et la science est d'autant plus efficace qu’elle est plus maniable. Ce qu’il y a de positif en elle c’est l’efficacité, non la vérité. Et ainsi s'explique la formule de M. Le Roy : « On échappe au scepticisme dans la mesure où l’on abandonne l'intellectualisme‘. » Qu'on abandonne en effet la prétention injustifiable de la science à la vérité : il restera qu'elle est un moyen d'action. La théorie de la science, que les rationalistes du xx° siècle avaient considérée comme leur citadelle, devient la pièce maîtresse de la philosophie nouvelle qui s'intitule elle-même un positivisme ?.

Pourtant, si nous voulons caractériser cette philosophie dont nous avons cherché à retracer la genèse, ce mot de positivisme sera le plus propre à nous égarer sur le contenu et sur les tendances de la philosophie nouvelle. Si M. Le Roy l’a choisi, je ne dirai pas que c’est par amour du paradoxe, mais c’est, si je ne me trompe, parce qu'il tenait à écarter les dénominations quiavaient été proposées et qui lui plaisaient moins. La philosophie nouvelle, écrivait-1 à M. Couturat, « n’est

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