Id., 4901, p
ni un empirisme, ni un mysticisme, ni un scepticisme, ni un sensualisme, du moins tant que l’on conserve à ces vieux mots leur sens tradilionnel! ». Sur l’empirisme — et sur le sensualisme qui en est la racine — M. Le Roy a fait lui-même des réserves : « Comme philosophie de la pure expérience, elle répond à la tendance empirique des derniers siècles, elle l’achève et elle l’exprime, en même temps qu’elle continue une antique tradition, s’il est vrai que le retour au donné immédiat ait toujours été l’objet profond des métaphysiciens?. » Nous demandons à notre tour la permission de faire de semblables réserves sur le scepticismeetsur le mysticisme.
Aux yeux de M. Le Roy la philosophie nouvelle donne l'unique réfutation possible du scepticisme, et c’est en un sens une réfutation irréfutable : les sceptiques ne trouveront rien à y répondre, ou plutôt ils ne chercheront rien; ils en seront trop satisfaits. En effet ce que la philosophie nouvelle appelle la réfutation du scepticisme, c’est en réalité la réfutation du vieil argument dirigé contre les sceptiques, que l’on montrait obligés de démentir dans la pratique et dans la vie leur négation obstinée de toute raison et de toute vérité : Spinoza poussait la naïveté du préjugé intellectualiste jusqu'à croire qu'il avait triomphé à tout jamais des sceptiques en établissant qu'ils étaient une secte de muets. Mais voici qu'après avoir renoncé à toute parole, à toute affirmation de la vérité, ils continuent d'agir : ils manifestent alors que l’action se justifie par