Rev. de mét., 1901, p
BauNscHvICG. — Idéalisme. 8
et inaccessible‘. Dès lors le primat de l’action, l’exaltation de la vie acquièrent une vertu mystique qui les élève au-dessus de ce que nous pouvons atteindre par le développement effectif de notre esprit et en restant dans les conditions de notre humanité : En toute circonstance la vie seule fonde, illumine et vérifie. Au fond le seul critère, c’est la vie. Mais en même temps et comme la vie consiste à ne plus avoir de critère, à ne plus distinguer et à ne plus se détacher pour juger, la philosophie nouvelle ne sait pas éviter ce qui a été de tout temps l’écueil et comme le scandale du mysticisme, je veux dire le retour inconscient au matérialisme. Accordons à M. Le Roy que la métaphore est le langage naturel de la métaphysique, et d'autant plus volontiers que la métaphore est la condition commune à tout langage ; mais la métaphore est-elle autre chose que le symbole matériel de la réalité spirituelle? Et si nous refusons à l'intelligence l'autorité du discernement, si elle n'intervient plus pour faire le départ de ce qui est expression métaphorique et de ce qui est pen- sée effective, n’arrivera-t-il pas que la philosophie restera suspendue aux métaphores, d'autant plus dangereuses qu’elles sont plus commodes? Le spiritualisme de M. Le Roy définit l'esprit « une force créatrice et libre, transcendante à ses œuvres »; il prétend atteindre, « sous l'enveloppe inerte du discours, l’âme d'action qui est le support et le moteur de l'idée® ».