‹ L'idéalisme contemporainChapitre 19 sur 51 · Rev. de mét., mai 1901, et particulièrement, p · texte numérisé non relu

Rev. de mét., mai 1901, et particulièrement, p

La première engendre le sens commun; la seconde règle la science, et c’est la troisième qui doit servir de critère en philosophie. Je ne vois vraiment en cela aucune difficulté sérieuse. Se dégager des illusions que suscite l'exercice de la vie corporelle, s’affranchir des entraves que met à la vie de la pensée la recherche d'un discours rigoureux, tendre en fin de compte à faire de tout un objet de vie spirituelle intégrale : n’estce pas parfaitement clairt? » Cette distinction des trois moments de l’action semble correspondre à celle de Pascal : « Il y a trois moyens de croire : la raison, la coutume, l'inspiration. » La vérité religieuse se constitue grâce à la convergence de ces trois puissances qui sont sources d’action discursive, d'action pratique, d'action profonde. Or, ce que Pascal met dans la lumière éclatante que l’on sait, et qui est le fondement de son apologie, c’est la transcendance radicale de l’ordre supérieur par rapport à l’ordre inférieuur; de tous les corps réunis on ne saurait tirer une étincelle d'esprit, et tous les esprits réunis ne sauraient réussir un mouvement de charité. La religion naturelle est aussi opposée au christianisme et aussi détestable que l’athéisme, parce qu'entre Dieu et l’homme elle essaie d'établir un lien de continuité. Dans l'Église même, celui-là demeure étranger au Christ quin’a pas compris le contraste de nature, la rupture dans l’histoire, et le perpétuel antagonisme moral entre le Créateur et la Créature. Ce qui fait l'originalité de la philosophie nouvelle, c'est que, consacrant après Pascal l’entrée définitive de l'esprit chrétien dans la philosophie?, elle prétend

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