‹ L'idéalisme contemporainChapitre 20 sur 51 · Id., 1901, p · texte numérisé non relu

Id., 1901, p

en même temps éliminer de la nature et de l'esprit la discontinuité qui était aux yeux de Pascal inséparable de la transcendance et du primat de l’action, qu’elle emprunte au rationalisme des Spinoza, des Leibniz et des Kant la notion de continuité pour en faire la marque et comme la définition de la réalité absolue.

C'est à l’action profonde qu'il appartient d’atteindre le continu : ce ne sera donc plus le continu rationnel, la continuité du temps ou de l’espace homogène, la continuité mathématique, que M. Le Roy considère comme type de discontinuité absolue; ce sera la continuité dans l’hétérogène. Or, comment concilier le continu et l'hétérogène, sinon en se plaçant dans une période antérieure par hypothèse à toute perception de différence, à toute notion d’hétérogénéité? Le continu sera au delà de toute expérience, de toute action effective ; ce sera une virtualité primordiale, complexe, indistincte?. L'action profonde est-elle capable de nous donner l'intuition du donné primitif? C’est ici que se présente à M. Le Roy une première difficulté. Non que la tentation ne fût grande pour lui d'abjurer « les Uimidités classiques » et de conférer à l'homme la connaissance de l'absolu. Mais cet absolu que Paction profonde a le privilège d'atteindre est à la fois l’objet pur ou matière pure et le sujet pur ou esprit pur, puisque la philosophie nouvelle doit nous apprendre et à vivre la matière et à vivre la pensée. Dès lors quel parti prendre? Sans -doute, à l’état d’indétermination où l'intuition du donné primitif saisit la continuité mouvante et hétérogène, il y aurait préjugé intellectualiste

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