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nouvelle et l’intellectualisme est donc exactement contraire à celui qu’a traité M. Le Roy. Perpétuellement M. Le Roy nous donne à choisir entre la discontinuité de l’intellectualisme et la continuité de la philosophie nouvelle ; et il sc trouve que perpétuellement la philosophie nouvelle manque la continuité, qui demeure pour elle fictive et imaginaire, et se heurte à la discontinuité, comme à la seule réalité qu'il lui soit possible de saisir effectivement. Ce fait a une raison. S'il y a disproportion entre l'intention et le résultat de la philosophie nouvelle, c’est que lintellectualisme est le vrai, suivant lequel il y a des relations nécessaires entre les catégories philosophiques, et il n’est pas permis d’y faire violence par des transpositions de concepts. On ne prouve pas la doctrine de Pascal avec la méthode de Spinoza. Il faut choisir : accepter franchement, avec la thèse de la transcendance, la discontinuité qui en est la condition, ou si l’on veut s'orienter vers la continuité, vers le progrès intérieur de l'esprit, vers la lumière et vers la liberté, il faut franchement aussi faire fond sur la raison parce que la raison est le principe . de toute unité et de toute continuité. Sans elle, les relations de hiérarchie sur laquelle s'établit la dialectique de l’action disparaissent dans la confusion de l’obscurité primitive; pour leur rendre une signification nous devrons les expliciter à l’aide des principes de l'intellectualisme que la philosophie nouvelle avait rejetés en parole et qu’en réalité elle avait utilisés comme une armature cachée destinée à rejoindre les pièces éparses du système. C’est du moins ce que nous allons nous efforcer d’établir en examinant tour à tour les rapports de l’action pratique et de l’action discursive à l’action
profonde, c’est-à-dire les rapports de la perception et de la nature, les rapports de la science et de l'esprit.
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Le primat de l’action pratique est posé par la philosophie nouvelle, et en même temps il est dépassé, comme il arrivera pour le primat de l’action discursive. Il correspond au plan du sens commun, il explique la perception : il nous interdit aussi de nous y arrêter. C'était la prétention de l’ancien positivisme de saisir la réalité par les sens et d'identifier la vérité avec le fait observé, avec l'expérience humaine ; mais ce qu'il recueillait effectivement était le produit d’un morcelage artificiel ordonné à l’action ; aussi ce positivisme est-il défini par M. Le Roy comme une sorte d’anthropomorphisme matérialiste fondé sur le primat de l’action pratique {. |
Il appartient à la philosophie nouvelle de dénoncer le piège où le positivisme se laissait prendre. Si la connaissance est la fonction qui nous met en possession du réel, percevoir n’est pas connaître, c’est avoir renoncé à connaître ; connaître, ce sera renoncer à percevoir, se libérer de l’action pratique en dénouant le tissu d’habitudes dont nous nous étions servis pour le bien du corps, et substituer à la discontinuité perçue la continuité vécue. La thèse de la relativité de la connaissance, qui est incontestable pour la perception et pour tout ce qui en est issu, n’a plus de signification pour ce qui précède la perception et dont la perception