‹ L'idéalisme contemporainChapitre 24 sur 51 · Rev. de mét., 4901, p. 323. ° 2. Monadologie · texte numérisé non relu

Rev. de mét., 4901, p. 323. ° 2. Monadologie

action par laquelle nous vivrions la matière consisterait donc à nous abandonner à la passivité pure, jusqu'au point où tout devient indistinct ; la « continuité vécue » se résout dans la discontinuité réelle des moments qu’un être traverse sans rien connaître de la relation qui rattache son existence actuelle aux autres moments du temps ou son corps aux autres corps de l’espace. S'il y a connaissance de la matière, c’est que l’homme est capable de se relever de cet évanouissement passager pour concevoir un rapport intelligible entre ces moments discontinus ; la matière est alors ce‘qu'elle était pour Leibniz et ce qu'elle est pour la science, la détermination intégrale du présent par le passé, l’incapacité de contracter des habitudes et de faire servir le présent au progrès de l’avenir, l’inertie en un mot telle que la définit la mécanique. |

La philosophie nouvelle a donc dûrenoncer àinvoquer une intuition primitive qui, en dehors de toute opération spirituelle, nous apporterait la connaissance absolue de la réalité. Au sens où le dogmatisme l’a toujours employé, le mot d'intuition implique la passivité du sujet en présence duquel l’objet apparaît comme indé-

pendant de lui, comme existant en soi. L'intuition

décrite par M. Le Roy est tout au contraire le terme de l'effort philosophique : « le réel pur est l’objet d’une intuition sut generis que le but de la philosophie est justement d’éveiller en nous ‘ ». L’intuition est l’unification du complexe ?, c’est-à-dire exactement ce que Kant considérait comme l'acte constitutif de l’entende-

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