‹ L'idéalisme contemporainChapitre 28 sur 51 · Rev. de mét., 1900, p · texte numérisé non relu

Rev. de mét., 1900, p

lectualisme qui s'oriente vers le discours au point de s’y enfermer, tandis que la philosophie nouvelle ouvre par delà les limites étroites du discours l'horizon illimité de l’action et de la vie. La question se trouve ainsi déplacée sans être éclaircie. En fait, il y a une thèse nominaliste, suivant laquelle l’œuvre intellectuelle qui est constitutive de la science, est orientée vers la formation d’un discours cohérent.et arbitraire. Cette thèse, tout en se réservant de la compléter, la philosophie nouvelle se l’est appropriée et, comme je l'ai montré lorsque j'ai eu à en retracer les origines, elle en a fait le principe de sa dialectique; le rationalisme, au contraire, l’a toujours réprouvée, au temps de Condillac comme au temps d’Antisthène, parce qu'elle est la forme extrême de l’empirisme. Pour la philosophie nouvelle la pensée discursive existe, et elle suffit à rendre compte du développement scientifique ; pour l'intellectualisme il n’y a pas de pensée discursive : ce que le discours laisse apercevoir de la pensée, c'est ce qui peut être traduit au dehors, les termes extérieurs les uns aux autres, matériellement séparables, susceptibles d’une analyse élémentaire analogue à l’analyse chimique; mais la pensée ne se laisse pas épuiser dans cet aspect extérieur, elle est spécifiquement pensée par ce que le discours ne traduit pas, par ce que le perroquet ne comprend pas, c està-dire par l'intelligence des rapports internes, où l’analyse — analogue cette fois à l’analyse mathématique — discerne la condition nécessaire pour donner une signification au discours, retrouvant ainsi l'unité syn-

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