‹ L'idéalisme contemporainChapitre 29 sur 51 · Rev. de mét., 1901, p · texte numérisé non relu

Rev. de mét., 1901, p

thétique, forme générale de la pensée. En d’autres termes, la fonction discursive du langage implique la fonction unifiante de la pensée; la première n'existe que par la seconde. Autant il était artificiel, dans l'étude de la perception, d'isoler la synthèse de l’analyse, autant il est arüficiel, dans l’étude de la connaissance scientifique, d'isoler l'analyse de la synthèse. C'est ici et là le même procédé de dissociation, ici et là l’intellectualisme le condamne, et c'est pourquoi il repousse la doctrine nominaliste, soit qu’elle nie avec Condillac la fonction de l'esprit qui ne se ramènerait pas aux éléments du discours, soit qu'avec M. Le Roy, elle la relègue à un plan supérieur de la vie consciente, comme transcendante au discours.

Il est vraisemblable d’ailleurs que ce terme de nominalisme aurait moins choqué M. Le Roy s’il avait insisté sur le caractère qu’il reconnaît implicitement au discours. Il cite la formule qu’il emprunte à M. Bergson : « la pensée demeure incommensurable avec le langage » ; et il ajoute : « mais tout cela, si exact soit-il, ne doit pas faire oublier que cependant rien n’est possible sans le discours, à peu près comme les œuvres sont nécessaires au développement de la vie intérieure et les pratiques à l'épanouissement de la vie morale». Le rapprochement est significatif : le discours est l’action de la pensée. Même restreint à un certain plan de la connaissance scientifique, le nominalisme n’est concevable que si on admet que l’action peut être détachée de ses conditions d'’intelligibilité et posée comme autonome, si on reconnaît avec la philosophie nou-

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