Annales de philosophie chrétienne, février
les lois de la chute des corps ne sont pas confirmées directement par l'expérience le savant modifiera en quelque sorte le milieu normal de la chute, et à la chute dans l’air substituera ce qu'il lui convient d’appeler la chute libre. Inversement les principes seront définis de telle manière qu’à l’avanceils fournissent un cadre également apte à recevoir toute expérience, quelle qu’elle soit ; le principe de la conservation de l'énergie sera toujours en harmonie avec les faits, car le principe même entre dans la constitution et dans la détermination des faits. Il est donc impossible de découvrir un fait primordial ou bien un principe initial qui servirait de base à la démonstration d’une loi; l'esprit va dans la science de n'importe quel fait à tous les faits, et à tous les principes, de n'importe quel principe à tous les principes, et à tous les faits. S'il paraît se faire un progrès à l'intérieur de la science à mesure qu'il y a plus d'approximation du côté des faits, plus de solidarité entre les principes, cette apparence ne doit pas nous faire illusion sur la valeur de la science : elle n’est logiquement qu'un perpétuel cercle vicieux où les faits nous renvoient aux principes, où les principes nous renvoient aux faits, sans jamais nous permettre de nous arrêter à la loi, comme à la vérité à la fois indépendante et démontrée.
Cette conclusion qui, pour M. Le Roy, serait l’assise de la philosophie nouvelle, en est, en réalité, la conséquence. Plaçons-nous dans un système de métaphysique transcendante où le réel est au delà du fait abservable et la raison au delà du progrès intellectuel,